La taxe sur le chiffre d’affaires à l’im­por­ta­tion s’applique aux mar­chan­dises en pro­ve­nance de pays situés hors de l’Union eu­ro­péenne (UE). Nous vous ex­pli­quons ici comment calculer cette taxe et qui en est res­pon­sable.

Qu’est-ce que la TVA à l’im­por­ta­tion ?

La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) à l’im­por­ta­tion s’applique aux biens ou services en pro­ve­nance de pays hors de l’Union eu­ro­péenne (UE). Cette taxe, perçue par les douanes au moment du dé­doua­ne­ment, permet d’aligner la fiscalité des produits importés sur celle des produits nationaux.

L’im­por­ta­tion de mar­chan­dises est un acte imposable à la TVA en vertu de l’article 293-A du Code général des Impôts ; elle est due par le des­ti­na­taire réel des biens inscrit sur la dé­cla­ra­tion d’im­por­ta­tion.

De­fi­ni­tion

On parle d’im­por­ta­tions lorsque des achats sont réalisés dans un pays tiers (hors UE) et que ces mar­chan­dises sont expédiées ou trans­por­tées en France ou dans un autre pays de l’UE.

La TVA à l’im­por­ta­tion vise à garantir une con­cur­rence équitable entre les produits locaux et les mar­chan­dises importées. En ap­pli­quant une fiscalité similaire, elle évite que les produits étrangers bé­né­fi­cient d’un avantage injuste lié à l’absence de TVA. Collectée par les douanes, cette taxe constitue une ressource im­por­tante pour l’État. Pour plus d’in­for­ma­tions, vous pouvez consulter le site officiel des douanes fran­çaises.

À qui s’applique la TVA à l’im­por­ta­tion ?

La taxe d’im­por­ta­tion concerne aussi bien les en­tre­prises que les par­ti­cu­liers. Par exemple :

  • Si un par­ti­cu­lier commande un jeu vidéo au Japon, il doit s’acquitter de la TVA à l’im­por­ta­tion.
  • Si une en­tre­prise importe des smart­phones des États-Unis, elle doit également payer cette taxe.

Lorsqu’une en­tre­prise ou un par­ti­cu­lier fait appel à un trans­por­teur pour l’im­por­ta­tion de mar­chan­dises, celui-ci se charge gé­né­ra­le­ment des for­ma­li­tés doua­nières et avance le montant de la TVA à l’im­por­ta­tion auprès des autorités doua­nières. Une fois la livraison effectuée, le trans­por­teur refacture ce montant à son client, souvent ac­com­pagné de frais de gestion. Il est donc important d’anticiper ces frais ad­di­tion­nels dans le calcul du coût total de l’im­por­ta­tion.

Note

Bien que la TVA à l’im­por­ta­tion s’applique prin­ci­pa­le­ment aux mar­chan­dises provenant de pays tiers, il existe des ex­cep­tions. Certaines régions avec un statut fiscal par­ti­cu­lier, comme les îles Canaries, certains ter­ri­toires d’outre-mer (TOM) et des zones spé­ci­fiques en Europe (Büsingen, Helgoland, Jungholz, Mit­tel­berg), sont également con­cer­nées. Ces ter­ri­toires sont fis­ca­le­ment con­si­dé­rés comme hors UE.

Comment fonc­tionne la taxe d’im­por­ta­tion ?

Lorsque vous achetez des mar­chan­dises dans l’Union eu­ro­péenne (UE), vous payez la taxe sur la valeur ajoutée dans le pays d’origine. En tant qu’en­tre­prise, ces achats sont con­si­dé­rés comme des ac­qui­si­tions in­tra­com­mu­nau­taires, ce qui signifie que vous au­to­li­qui­dez la TVA dans votre dé­cla­ra­tion fiscale (for­mu­laire CA3 ou CA12).

Pour ces échanges in­tra­com­mu­nau­taires, le numéro de TVA in­tra­com­mu­nau­taire est in­dis­pen­sable. Ce numéro, délivré par le service des impôts, identifie les en­tre­prises re­de­vables de la TVA dans les échanges de biens ou services au sein de l’UE. En France, il se compose du code FR, suivi d’une clé in­for­ma­tique à deux chiffres, puis du numéro SIREN de l’en­tre­prise (9 chiffres). Ce numéro doit obli­ga­toi­re­ment figurer sur les factures et dé­cla­ra­tions fiscales.

De plus, si une en­tre­prise réalise des ac­qui­si­tions ou des li­vrai­sons in­tra­com­mu­nau­taires pour un montant annuel égal ou supérieur à 460 000 €, elle est tenue de remplir une dé­cla­ra­tion d’échanges de biens (DEB). Cette dé­cla­ra­tion doit être transmise dans les 10 jours suivant le mois où la TVA devient exigible.

En revanche, lorsque les mar­chan­dises pro­vien­nent de pays tiers, la TVA à l’im­por­ta­tion s’applique. Dans ce cas, les en­tre­prises doivent respecter le mécanisme d’au­to­li­qui­da­tion, un système obli­ga­toire qui simplifie les démarches et améliore la gestion de tré­so­re­rie.

Au­to­li­qui­da­tion de la TVA à l’im­por­ta­tion (TVAI) : une obli­ga­tion depuis 2022

L’au­to­li­qui­da­tion de la TVA à l’im­por­ta­tion est un mécanisme fiscal qui permet aux en­tre­prises d’éviter de payer im­mé­dia­te­ment la TVA lors du dé­doua­ne­ment des mar­chan­dises. À la place, elles déclarent cette taxe di­rec­te­ment dans leur dé­cla­ra­tion de TVA pé­rio­dique (for­mu­laire CA3). Ce système, rendu obli­ga­toire depuis le 1ᵉʳ janvier 2022, s’applique à toutes les en­tre­prises iden­ti­fiées à la TVA en France.

  • Avant 2022, les en­tre­prises devaient avancer la TVA aux douanes lorsqu’elles im­por­taient des mar­chan­dises. Par exemple, pour un lot de 10 000 € de mar­chan­dises, elles payaient im­mé­dia­te­ment 2 000 € de TVA (au taux de 20 %). Ce montant était ensuite récupéré plus tard dans leur dé­cla­ra­tion fiscale, ce qui im­mo­bi­li­sait une partie im­por­tante de leur tré­so­re­rie.
  • Après 2022, la TVA n’est plus payée à la douane. À la place, l’en­tre­prise déclare di­rec­te­ment les 2 000 € dans sa dé­cla­ra­tion fiscale. Elle inscrit ce montant à la fois comme TVA due (ce qu’elle doit théo­ri­que­ment payer) et comme TVA dé­duc­tible (ce qu’elle peut récupérer). Résultat : la TVA est im­mé­dia­te­ment compensée et l’en­tre­prise n’a plus besoin d’avancer d’argent.

L’au­to­li­qui­da­tion de la TVA à l’im­por­ta­tion présente plusieurs avantages majeurs pour les en­tre­prises. Elle leur permet d’améliorer leur tré­so­re­rie en sup­pri­mant l’obli­ga­tion d’avancer la TVA aux douanes, tout en sim­pli­fiant leurs démarches ad­mi­nis­tra­tives, puisque la gestion de la taxe est intégrée à la dé­cla­ra­tion fiscale ha­bi­tuelle (for­mu­laire CA3). De plus, ce système favorise la com­pé­ti­ti­vité des en­tre­prises en réduisant les coûts et les délais liés aux im­por­ta­tions. Toutefois, pour bé­né­fi­cier de ce mécanisme, les en­tre­prises doivent respecter certaines obli­ga­tions : elles doivent être im­ma­tri­cu­lées à la TVA en France, disposer d’un numéro de TVA in­tra­com­mu­nau­taire et remplir cor­rec­te­ment leur dé­cla­ra­tion CA3 en y indiquant à la fois la TVA due et dé­duc­tible.

Note

Certaines en­tre­prises ne peuvent pas bé­né­fi­cier du mécanisme d’au­to­li­qui­da­tion de la TVA à l’im­por­ta­tion. Par exemple, les en­tre­prises non établies fis­ca­le­ment en France ou celles qui ne disposent pas d’un numéro de TVA in­tra­com­mu­nau­taire valide doivent désigner un re­pré­sen­tant fiscal en France. Ce re­pré­sen­tant est chargé de garantir leur con­for­mité avec les obli­ga­tions fiscales fran­çaises, notamment la dé­cla­ra­tion et le paiement de la TVA à l’im­por­ta­tion. De même, les en­tre­prises soumises à des régimes fiscaux spé­ci­fiques peuvent être tenues de suivre des pro­cé­dures dif­fé­rentes.

Quels sont les taux de la TVA d’im­por­ta­tion en France ?

Les taux de TVA en France mé­tro­po­li­taine sont les suivants :

  • Taux normal de 20 %, qui s’applique à la majorité des biens et services.
  • Taux réduit de 10 %, ap­pli­cable à certains produits spé­ci­fiques, comme la res­tau­ra­tion ou les trans­ports, con­for­mé­ment à l’article 278 bis du Code général des impôts.
  • Taux réduit de 5,5 %, ap­pli­cable notamment aux produits ali­men­taires de première nécessité, aux équi­pe­ments pour personnes han­di­ca­pées, et aux livres, comme prévu par l’article 278-0 bis du Code général des impôts.
  • Taux par­ti­cu­lier de 2,1 %, réservé à certains secteurs spé­ci­fiques, comme la presse ou les mé­di­ca­ments rem­bour­sés.

Ces taux doivent être appliqués à la base taxable calculée, en fonction de la nature des produits importés.

Comment calculer la TVA à l’im­por­ta­tion ?

Le calcul de la TVA à l’im­por­ta­tion repose sur plusieurs étapes qui per­met­tent de dé­ter­mi­ner la base taxable et le montant de la taxe à payer. Voici les étapes clés à suivre :

Première étape : dé­ter­mi­ner la valeur en douane de la mar­chan­dise

La valeur en douane, également appelée « valeur CIF » (coût, assurance, fret), est la base de calcul prin­ci­pale. Elle comprend :

  • Le prix des biens indiqué sur la facture com­mer­ciale
  • Les frais de transport jusqu’à la frontière de l’Union eu­ro­péenne (UE)
  • Les éven­tuelles as­su­rances et taxes payées à l’étranger

Exemple : si vous achetez un produit pour 1 000 € avec 100 € de frais de transport et 50 € d’assurance, la valeur en douane est de 1 150 €.

Deuxième étape : ajouter les éventuels droits de douane et taxes spé­ci­fiques

Pour certaines mar­chan­dises, des droits de douane ou des taxes spé­ci­fiques (comme les taxes sur l’alcool ou le tabac) peuvent s’appliquer. Ces montants sont ajoutés à la valeur en douane pour dé­ter­mi­ner la base taxable de la TVA.

Exemple : si des droits de douane de 5 % s’ap­pli­quent sur un produit d’une valeur en douane de 1 150 €, ils s’élèveront à 57,50 €. La base taxable devient alors 1 150 € + 57,50 € = 1 207,50 €.

Troisième étape : appliquer le taux de TVA

Une fois la base taxable dé­ter­mi­née, le taux de TVA en vigueur est appliqué : le taux normal en France est de 20 %. Un taux réduit de 10 % ou 5,5 % peut s’appliquer à certaines mar­chan­dises, comme les produits ali­men­taires, les livres ou les équi­pe­ments médicaux.

Quatrième étape : récupérer la TVA pour les en­tre­prises

Si vous êtes une en­tre­prise as­su­jet­tie à la TVA en France, vous pouvez récupérer cette TVA comme crédit de TVA (TVA dé­duc­tible) dans votre dé­cla­ra­tion. Cela permet de neu­tra­li­ser son impact financier, à condition que la mar­chan­dise soit utilisée dans le cadre de votre activité pro­fes­sion­nelle.

Exemple de calcul complet

Montant
Valeur en douane 1 150 €
Droits de douane 57,50 €
Base taxable 1 207,50 €
Taux de TVA 20 %
TVA à payer 241,50 €

Outil pratique : cal­cu­la­teur en ligne

Pour sim­pli­fier le calcul de la TVA à l’im­por­ta­tion, de nombreux outils en ligne sont dis­po­nibles. Ils per­met­tent d’obtenir ra­pi­de­ment une es­ti­ma­tion en entrant les in­for­ma­tions de base (valeur, transport, droits de douane, etc.). Le site officiel Déclare Douane propose notamment son propre si­mu­la­teur de droits et taxes.

TVA à l’im­por­ta­tion pour les achats en ligne hors UE

Lors de commandes en ligne provenant de pays tiers, la TVA à l’im­por­ta­tion s’applique à la valeur totale de la commande. Cette valeur comprend non seulement le prix des biens, mais aussi les frais de transport, d’assurance et tout autre coût lié à l’im­por­ta­tion. Depuis le 1ᵉʳ juillet 2021, l’exo­né­ra­tion de TVA pour les mar­chan­dises d’une valeur in­fé­rieure à 22 € a été supprimée, rendant la taxe exigible dès le premier euro.

Exemple : si vous commandez un article à 100 € dans un pays hors UE et que les frais de transport s’élèvent à 20 €, la TVA sera calculée sur une base de 120 € au taux en vigueur (gé­né­ra­le­ment 20 % en France). Cela signifie que vous paierez 24 € de TVA en plus du prix de la commande.

Il est important de noter que, même si les droits de douane sont parfois exemptés pour des commandes in­fé­rieures à 150 €, la TVA reste due. De plus, pour des biens spé­ci­fiques tels que l’alcool, le tabac ou les parfums, aucune exo­né­ra­tion de TVA ou de droits de douane n’est possible, même si leur valeur est in­fé­rieure au seuil de 150 €.

En général, le trans­por­teur (comme FedEx, Chro­no­post, DHL, etc.) se charge des for­ma­li­tés doua­nières avant de vous livrer le colis.

Cependant, pour les par­ti­cu­liers, les mar­chan­dises non com­mer­ciales d’une valeur totale in­fé­rieure à 45 € sont exemptées de droits de douane et de TVA, à condition qu’elles soient destinées à un usage personnel et envoyées di­rec­te­ment par un par­ti­cu­lier depuis l’étranger.

Il est également essentiel de vérifier les po­li­tiques spé­ci­fiques de chaque pays et de chaque trans­por­teur, car des frais sup­plé­men­taires peuvent s’appliquer en fonction des ré­gle­men­ta­tions locales et des accords com­mer­ciaux en vigueur.

Veuillez prendre con­nais­sance des mentions légales en vigueur sur cet article.

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