Au sein de l’Union européenne, le Bouclier de protection des données ne constitue pas un réel changement pour de nombreuses entreprises, car les nouvelles réglementations ne contribuent que très peu à renforcer réellement la sécurité juridique. Même si les destinataires de paquets de données aux Etats-Unis peuvent se certifier eux-mêmes en suivant les nouvelles règlementations du Privacy shield, ils ne sont cependant pas à l’abri de nouvelles décisions de justice contre ce nouveau concept.
En effet, à partir mai 2018, le RGPD risque d’affecter l’ensemble des sociétés qui traitent des données de citoyens européens, dont les sociétés américaines. Ce nouveau règlement va ajouter de nouvelles obligations et sanctions notamment si le traitement n’est pas consenti ou en cas de fuite de données. Par conséquent, il est concevable que de nombreuses entreprises ne s’appuient pas sur le Bouclier de protection des données et renoncent donc aux transferts des données.
Mais le risque le plus important risque de venir du côté judiciaire. En effet, dès sa mise en place, l’organisation Digital Rights Ireland (DRI) avait déjà déposé un recours contre le Privavy shield auprès du tribunal jugeant cet accord insuffisant au niveau de la protection de la vie privée. En France c’est l’association La Quadrature du Net qui conteste l’accord devant la CJUE. De plus on peut ajouter qu’un différend existe entre Microsoft et le département américain de la Justice, ce dernier cherche à accéder à des emails stockés en Irlande. La Cour suprême américaine vient de s’emparer du dossier.
Les discussions et débats sur l’accord Privacy shield ne risquent donc pas de retomber si rapidement. Et les entreprises qui avaient espéré une règlementation claire et protectrice au niveau juridique doivent désormais attendre la fin des recours en justice.
Et si les entreprises continuent à utiliser les clauses contractuelles types de l'UE pour le transfert de données, elles ne semblent pas plus sûres que le Safe Harbor. Les militants pour la protection des données soulignent, par exemple, que les arguments qui ont déjà fait l'objet d'un examen critique de l'accord Safe Harbor s'appliqueraient également aux clauses des règlements actuellement en vigueur en vertu du droit communautaire et ne pourraient donc pas non plus résister à un examen juridique détaillé de ces règlements.