Vous avez décidé de créer votre propre en­tre­prise ? Lors de la phase initiale, de nombreux éléments doivent être pris en con­si­dé­ra­tion, tant d’un point de vue ad­mi­nis­tra­tif que financier. Par ailleurs, les ventes n’aug­men­tent souvent que lentement au début, ce qui n’est pas une mince épreuve. Les auto-en­tre­pre­neurs sont aidés grâce à la gestion sim­pli­fiée pour les micro-en­tre­prises. Elle offre des op­por­tu­ni­tés aux fon­da­teurs et aux petites en­tre­prises, mais présente aussi des in­con­vé­nients.

Qu’est-ce que la lé­gis­la­tion spé­ci­fique aux micro-en­tre­prises ?

La lé­gis­la­tion spé­ci­fique aux micro-en­tre­prises est une sim­pli­fi­ca­tion de la lé­gis­la­tion en matière de TVA, qui vise à réduire l’effort ad­mi­nis­tra­tif pour les en­tre­prises à faible chiffre d’affaires. Cette spé­ci­fi­cité est dé­ter­mi­née par l’article 293 B du Code général des impôts (CGI), et prévoit notamment une exo­né­ra­tion de TVA pour les micro-en­tre­prises. Cela signifie que le micro-en­tre­pre­neur ne paye pas la TVA à l’ad­mi­nis­tra­tion fiscale, mais également qu’il perd le droit de récupérer la TVA sur le chiffre d’affaires facturé par ses four­nis­seurs.

Remarque

Les micro-en­tre­pre­neurs doivent tout de même payer la TVA à leurs four­nis­seurs, c’est-à-dire que les factures doivent com­prendre les montants HT et TTC. À l’inverse, lorsqu’ils créent une facture pour un client, elle doit seulement comporter le montant HT et la mention TVA non ap­pli­cable, article 293 B du Code général des impôts.

Qui peut bé­né­fi­cier de la lé­gis­la­tion spé­ci­fique aux micro-en­tre­prises ?

Tout le monde ne peut pas bé­né­fi­cier de l’exo­né­ra­tion de TVA pour les micro-en­tre­prises. Cette pos­si­bi­lité est réservée ex­clu­si­ve­ment aux micro-en­tre­prises et aux auto-en­tre­pre­neurs, qui ne dépassent pas un certain montant, défini comme suit :

  • Jusqu’à 82 800 € pour les activités com­mer­ciales (vente de mar­chan­dises, objets, four­ni­tures et denrées à emporter ou à consommer sur place) et les activités d’hé­ber­ge­ment (hôtel, chambre d’hôtes, gîte rural classé meublé de tourisme, meublé de tourisme), avec un seuil de tolérance étendu à 91 000 € pour les au­toen­tre­pre­neurs exerçant des activités com­mer­ciales.
  • Jusqu’à 33 200 € pour les pres­ta­tions de services (activités ar­ti­sa­nales, com­mer­ciales et location de locaux d’ha­bi­ta­tion meublés, y compris les gîtes ruraux non classés en meublés de tourisme), avec seuil de tolérance étendu à 35 200 € pour les auto-en­tre­pre­neurs
  • Jusqu’à 42 900 € pour les activités ré­gle­men­tées des avocats.
  • Jusqu’à 42 900 € pour les artistes-in­ter­prètes et les auteurs ayant renoncé à la retenue à la source, ou pour les autres revenus que leurs droits versés par les éditeurs (revenus ac­ces­soires, par exemple).

Ces limites définies sont des limites fixes. Même si vous ne les avez dépassées que lé­gè­re­ment l’année pré­cé­dente, vous devrez quand même payer la taxe de vente ré­gu­liè­re­ment. Ceci s’applique également si le chiffre d’affaires de l’exercice en cours ne dépasse pas la limite.

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Que se passe-t-il lorsque l’on a plusieurs activités ?

Le statut d’auto-en­tre­pre­neur n’est pas lié à une en­tre­prise, mais à un tra­vail­leur en tant que con­tri­buable. Si vous gérez plusieurs en­tre­prises, vous devez ad­di­tion­ner tous les revenus soumis à l’impôt sur le chiffre d’affaires. Le statut d’auto-en­tre­pre­neur ne vous est accordé que si votre chiffre d’affaires global est inférieur à la limite autorisée.

Appliquer la lé­gis­la­tion spé­ci­fique aux micro-en­tre­prises : les points à connaître

  • Vous n’avez pas à payer la TVA au Trésor public pour les ventes sur le ter­ri­toire national.
  • Vous n’êtes pas autorisé à inclure la taxe de vente dans vos factures.
  • Vous n’êtes pas autorisé à déduire la TVA dé­duc­tible des factures de tiers.
  • Vous ne pouvez pas renoncer à une exo­né­ra­tion fiscale.
  • Vous n’avez qu’à soumettre la dé­cla­ra­tion de taxe de vente annuelle sous une forme sim­pli­fiée.
  • Vous devez respecter les règles fiscales pour l’émission des factures.
Note

Même si vous bé­né­fi­ciez de la lé­gis­la­tion spé­ci­fique aux micro-en­tre­prises, vous devrez tout  de même payer la TVA à l’ad­mi­nis­tra­tion fiscale dans certains cas. C’est le cas notamment lors d’un mouvement trans­fron­ta­lier de mar­chan­dises, par exemple si vous utilisez les services d’une société étrangère. En outre, si vous avez facturé la taxe sur le chiffre d’affaires sur une facture non justifiée, vous devez également la payer.

À quoi faut-il faire attention lorsque l’on établit une facture en tant que micro-en­tre­prise ?

Si vous utilisez la lé­gis­la­tion spé­ci­fique aux micro-en­tre­prises, vous devez respecter certaines exigences lors de l’émission des factures :

  • Vous n’avez pas le droit d’indiquer la TVA sur les factures.
  • Vous ne pouvez pas indiquer de numéro d’iden­ti­fi­ca­tion TVA sur la facture.
  • Vous devez indiquer sur la facture que vous ne facturez pas la TVA en raison de la ré­gle­men­ta­tion des petites en­tre­prises. Pour ce faire, la mention TVA non ap­pli­cable - article 293 B du CGI suffit.

Pour qui cette ré­gle­men­ta­tion est-elle per­ti­nente ?

Pour répondre à cette question, il convient de garder à l’esprit ce qui est ef­fec­ti­ve­ment imposé dans l’ensemble du chiffre d’affaire. Les recettes pour les­quelles une société paie la TVA sont com­pen­sées par les dépenses pour les­quelles elle demande la TVA en amont à l’ad­mi­nis­tra­tion fiscale. En con­sé­quence, la dif­fé­rence entre les revenus et les dépenses est taxée, c’est-à-dire la valeur ajoutée créée par l’en­tre­prise (d’où le nom TVA). Toutefois, cette taxe n’est pas payée par l’en­tre­prise, mais par le con­som­ma­teur à la fin de la chaîne d’ap­pro­vi­sion­ne­ment, dans la mesure où lui seul ne peut pas récupérer la TVA facturée par son four­nis­seur auprès du bureau des impôts.

Compte tenu de ce mécanisme, il existe, outre l’effort bu­reau­cra­tique, trois facteurs dé­ter­mi­nants pour savoir s’il est in­té­res­sant de bé­né­fi­cier de la lé­gis­la­tion spé­ci­fique aux micro-en­tre­prises :

  • le type de client
  • le type et la quantité des mar­chan­dises utilisées
  • la valeur ajoutée

En ce qui concerne le critère client, la décision est re­la­ti­ve­ment simple : si les en­tre­prises con­cer­nées ont le droit exclusif ou pré­pon­dé­rant de déduire la TVA en amont, la lé­gis­la­tion spé­ci­fique aux micro-en­tre­prises est clai­re­ment dé­sa­van­ta­geuse : l’avantage de ne pas avoir à facturer la TVA ne joue pas un rôle très important, car les clients as­su­jet­tis à la TVA reçoivent ce rem­bour­se­ment.

Si le type de client ne rend pas d’emblée la lé­gis­la­tion spé­ci­fique aux micro-en­tre­prises peu at­trayante, les deux critères mar­chan­dise et valeur ajoutée jouent un rôle essentiel : plus l’entrée de mar­chan­dises est faible et plus la valeur ajoutée créée en interne par rapport au chiffre d’affaires est élevée, plus la ré­gle­men­ta­tion relative aux petites en­tre­prises est in­té­res­sante.

Un auto-en­tre­pre­neur qui a recours à la lé­gis­la­tion spé­ci­fique aux micro-en­tre­prises agit en quelque sorte tant que con­som­ma­teur vis-à-vis de ses four­nis­seurs : il paie la totalité de la taxe sur le chiffre d’affaires accumulée. Plus la valeur ajoutée créée par l’en­tre­prise elle-même, qui n’est donc pas soumise à la taxe sur le chiffre d’affaires, est élevée, plus la lé­gis­la­tion spé­ci­fique aux micro-en­tre­prises est in­té­res­sante. Un cas extrême serait, par exemple, un tra­duc­teur qui pour tra­vail­ler devrait uni­que­ment s’assoir devant son or­di­na­teur chez lui, et livrer ses textes. En dehors de son temps et de four­ni­tures basiques, il n’a presque pas à payer de mar­chan­dise entrantes, et donc aussi peu de taxe sur les ventes à ses four­nis­seurs. Il apporte sa valeur ajoutée complète pra­ti­que­ment sans l’uti­li­sa­tion de biens. Par ailleurs, s’il travaille pour des par­ti­cu­liers, il est également moins cher qu’avec l’as­su­jet­tis­se­ment à la TVA. De plus, les quelques achats qu’il a effectués peuvent être déduits à titre de dépenses d’en­tre­prise fis­ca­le­ment dé­duc­tibles avec la taxe sur la valeur ajoutée.

Le fait que les four­nis­seurs en amont d’une en­tre­prise sont aussi ma­jo­ri­tai­re­ment des petites en­tre­prises constitue un cas par­ti­cu­lier en ce qui concerne notre sujet. Dans ce cas, la taxe sur la valeur ajoutée due sur les factures de tiers serait également to­ta­le­ment ou en grande partie supprimée. Dans la pratique, cependant, cela risque d’être ex­trê­me­ment rare.

En résumé

Si vous avez un coût des biens qui ne peut être estimé avec précision et que vous vendez des produits ou des services aux con­som­ma­teurs, la décision peut être difficile à prendre. Dans tous les cas, il est conseillé d’établir un calcul com­pa­ra­tif détaillé.

Avantages et in­con­vé­nients de lé­gis­la­tion spé­ci­fique aux micro-en­tre­prises

Ce dis­po­si­tif présente à la fois des avantages et des in­con­vé­nients. Selon la situation in­di­vi­duelle, il est important pour chacun de peser le pour et le contre pour son cas par­ti­cu­lier.

Avantages In­con­vé­nients
TVA non ap­pli­cable Effort bu­reau­cra­tique plus important : dé­cla­ra­tion annuelle de TVA
Moins de travail bu­reau­cra­tique : pas de dé­cla­ra­tions an­ti­ci­pées de TVA et dé­cla­ra­tions annuelles de TVA sous forme sim­pli­fiée Coûts de vente plus élevés
Avantage con­cur­ren­tiel possible grâce à des prix plus bas pour les con­som­ma­teurs Coûts des conseils fiscaux le cas échéant
  Les limites de chiffres d’affaire changent souvent.

La sortie du régime

La sortie de régime s’effectue lorsque le chiffre d’affaire dépasse les plafonds indiqués plus haut pour chacune des ca­té­go­ries pro­fes­sion­nelles. La fin du régime de la franchise entraine les con­sé­quences suivantes :

  • Les pres­ta­tions de services réalisées ou les li­vrai­sons de biens ef­fec­tuées sont soumises à la TVA dès le 1er jour du mois du dé­pas­se­ment 
  • Des factures rec­ti­fi­ca­tives doivent être délivrées aux clients pour les opé­ra­tions réalisées à partir du mois de dé­pas­se­ment et qui n’avaient pas été soumises à la taxe 
  • En con­tre­par­tie de l’im­po­si­tion à la TVA, le pro­fes­sion­nel est autorisé à appliquer une déduction de la taxe sur les dépenses in­ter­ve­nues à partir du moment où il est devenu redevable à la TVA.

Les en­cais­se­ments relatifs aux pres­ta­tions de services réalisées avant le 1er jour du mois où le pro­fes­sion­nel devient redevable de la TVA n’ont pas à être soumis à la taxe, même s’ils ont lieu après le chan­ge­ment de statut. Afin d’appliquer la TVA sur ses factures, le pro­fes­sion­nel désormais assujetti à la TVA doit obtenir un numéro de TVA in­tra­com­mu­nau­taire, qui lui est transmis par le service des impôts des en­tre­prises (SIE) dont il dépend.

Veuillez prendre con­nais­sance des mentions légales en vigueur sur cet article.

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