Qu’est-ce que la res­pon­sa­bi­lité sociale des en­tre­prises (RSE) ?

Le terme Corporate Social Res­pon­si­bi­lity (CSR) est le terme utilisé à l'échelle in­ter­na­tio­nale pour désigner la res­pon­sa­bi­lité sociale des en­tre­prises, mais il n'est que vaguement défini. Pour sim­pli­fier, il renvoie à l'obli­ga­tion morale et éthique des en­tre­prises dans leurs relations avec leurs employés, l'en­vi­ron­ne­ment, les con­cur­rents, l'éco­no­mie et bien d'autres domaines de la vie qu'une en­tre­prise envahit.

La RSE est souvent comprise comme un en­ga­ge­ment vo­lon­taire envers certaines règles de l'en­tre­prise, c'est-à-dire au-delà des lois et des normes de l'État. Cela signifie que les en­tre­prises qui agissent de manière res­pon­sable et morale peuvent souvent aussi utiliser leur RSE à des fins de relations publiques. Si l'on apprend qu'une en­tre­prise s'engage vo­lon­tai­re­ment pour une bonne cause, ceci améliore l'image publique de l'en­tre­prise.

C'est la raison pour laquelle le concept de RSE fait l'objet de critiques répétées : de nom­breuses en­tre­prises ne le font pas par véritable altruisme, mais sim­ple­ment pour améliorer leur propre image.

Dans cet article, nous vous ex­pli­quons ce qu'est la RSE en détail, comment elle s'est dé­ve­lop­pée et comment elle est vécue dans certaines en­tre­prises au­jour­d'hui.

Dé­fi­ni­tion

La res­pon­sa­bi­lité sociale des en­tre­prises (RSE) fait référence à la res­pon­sa­bi­lité qu'elles s'im­po­sent envers la société, et qui affecte donc l'en­vi­ron­ne­ment, l'éco­no­mie, les relations avec les employés et l'éthique de la con­cur­rence. De nom­breuses en­tre­prises utilisent les ré­gle­men­ta­tions internes de RSE comme une sorte de boussole morale pour in­fluen­cer po­si­ti­ve­ment le dé­ve­lop­pe­ment éthique de l'en­tre­prise. Une RSE positive offre également de nombreux avantages éco­no­miques.

Dé­ve­lop­pe­ment et dé­fi­ni­tion détaillée de la res­pon­sa­bi­lité sociale des en­tre­prises

Le concept de res­pon­sa­bi­lité sociale des en­tre­prises n'est pas nouveau, mais le terme de res­pon­sa­bi­lité sociale des en­tre­prises (RSE) l’a modernisé. Déjà dans l'An­ti­quité, on se demandait si une bonne gestion ne devait pas profiter à l'en­semble de la société au lieu de lui coûter de l’argent. Au Moyen Âge, le concept d' « homme d'af­faires res­pec­table » est né, avec un code de valeurs associé, per­met­tant d’aider les com­mer­çants influents à apporter des avantages à la société dans son ensemble en adhérant à certaines règles de conduite.

Pour les grandes en­tre­prises, la res­pon­sa­bi­lité sociale de l'en­tre­prise a pris de l'im­por­tance au plus tard avec de l'in­dus­tria­li­sa­tion, lorsque certaines en­tre­prises ont construit des immeubles d'ha­bi­ta­tion pour leurs employés et que les con­di­tions de travail dif­fi­ciles ont pro­gres­si­ve­ment conduit à une remise en question : les en­tre­prises ont aussi lentement pris cons­cience de leur res­pon­sa­bi­lité sociale envers leurs employés et leurs familles (même si des amé­lio­ra­tions décisives n'ont souvent été mises en œuvre à travers la lé­gis­la­tion nationale). L'éthique en­vi­ron­ne­men­tale ou un concept qui s’en rap­pro­che­rait n'exis­tait tout sim­ple­ment pas dans la plupart des en­tre­prises à l'époque.

Le concept moderne de res­pon­sa­bi­lité d'en­tre­prise tel que nous le con­nais­sons au­jour­d'hui est pro­ba­ble­ment né dans les années 1950 aux États-Unis, où de nom­breuses dis­cus­sions publiques sur la res­pon­sa­bi­lité d'en­tre­prise ont eu lieu et où les premiers résultats scien­ti­fiques ont été publiés. Dans son article Social Res­pon­si­bi­li­ties of the Bu­si­ness­man, Howard R. Bowen décrit la res­pon­sa­bi­lité d'en­tre­prise comme une con­sé­quence logique de la res­pon­sa­bi­lité sociale de l'in­di­vidu envers la société. En con­sé­quence, les en­tre­prises devraient s'orien­ter vers des valeurs et des normes in­ter­per­son­nelles et seraient obligées de les appliquer. Mais à cette époque, la plupart des en­tre­prises ne se sentaient pas encore le « devoir » de tra­vail­ler cons­ciem­ment et ac­ti­ve­ment pour une orien­ta­tion morale de l'en­tre­prise. La maxime de la crois­sance éco­no­mique à elle seule détermine encore la vie pro­fes­sion­nelle quo­ti­dienne.

Cependant, à partir des années 1970, les ins­ti­tu­tions so­cia­le­ment actives qui pouvaient et devaient avoir une influence positive sur l'orien­ta­tion morale de la société ont été de plus en plus reconnues dans les en­tre­prises. La société et le monde des affaires étaient en in­te­rac­tion constante : idéa­le­ment, ceci devrait con­tri­buer à la con­so­li­da­tion des normes sociales au sein de l'éco­no­mie ca­pi­ta­liste. Cependant, avant le début du nouveau mil­lé­naire, la res­pon­sa­bi­lité sociale des en­tre­prises (RSE) était davantage un vœu pieux qu’un idéal devant dé­ter­mi­ner son com­por­te­ment.

En raison de l'im­por­tance crois­sante accordée à la pro­tec­tion de l'en­vi­ron­ne­ment et aux questions éthiques dans le contexte de la mon­dia­li­sa­tion, la RSE a pris une im­por­tance crois­sante. De plus, le triomphe d'Internet a fait en sorte que les en­tre­prises agissant de manière ir­res­pon­sable voient ra­pi­de­ment leur image écornée lorsque des scandales opé­ra­tion­nels, des cas d'abus et des griefs dans les réseaux sociaux ont été rapportés. La res­pon­sa­bi­lité sociale des en­tre­prises est ainsi passée d'une con­si­dé­ra­tion purement con­cep­tuelle à un domaine de travail important pour toute grande en­tre­prise.

Outre les termes courants de res­pon­sa­bi­lité d'en­tre­prise et d'éthique d'en­tre­prise, il existe aussi des ex­pres­sions plus générales telles qu’en­tre­prises propres. Les mots à la mode sen­si­bi­li­sa­tion à l'en­vi­ron­ne­ment et du­ra­bi­lité ap­pa­rais­sent aussi fré­quem­ment dans les dis­cus­sions sur la res­pon­sa­bi­lité sociale des en­tre­prises en France, mais ne couvrent qu'un sous-ensemble de ce terme.

La res­pon­sa­bi­lité sociale des en­tre­prises (RSE) et la « ci­toyen­neté d'en­tre­prise » sont également souvent synonymes au niveau in­ter­na­tio­nal. Cette confusion de termes montre, d'une part, que la RSE est un vaste domaine et couvre de nombreux sous-domaines et, d'autre part, que le terme lui-même est trompeur. En effet, la « res­pon­sa­bi­lité » implique un principe imposé de l'ex­té­rieur et met moins l'accent sur le caractère vo­lon­taire et attrayant de la RSE.

Entre-temps, les grandes en­tre­prises ne peuvent guère se permettre de ne pas prendre la RSE au sérieux. Certaines emploient des spé­cia­listes de la RSE qui formulent par écrit le code moral de l'en­tre­prise et sur­veil­lent son ap­pli­ca­tion. Ceci présente également souvent un avantage éco­no­mique si l'image de marque positive qui en résulte peut être utilisée à des fins de marketing et de relations publiques. Après tout, tout le monde profite d'une RSE bien mise en œuvre.

Certaines personnes accusent les en­tre­prises d'uti­li­ser rarement les mo­ti­va­tions morales comme moteur de la RSE. Les en­tre­prises es­pé­raient plutôt que cela aurait un effet pu­bli­ci­taire, ce qui n'en­traî­ne­rait pas moins une aug­men­ta­tion du chiffre d'af­faires. C'est pourquoi les critiques décrivent souvent la RSE comme une simple com­po­sante du marketing. D'un autre côté, il y a l'opinion répandue que l'in­ten­tion réelle derrière la RSE n'est pas si im­por­tante tant que son effet profite en fin de compte aux gens.

Les trois domaines de la res­pon­sa­bi­lité sociale des en­tre­prises

La res­pon­sa­bi­lité sociale des en­tre­prises étant un concept très vague en soi, il existe plusieurs approches pour struc­tu­rer le concept. Le modèle de res­pon­sa­bi­lité selon Stefanie Hiß est un modèle re­la­ti­ve­ment populaire : elle divise la RSE en trois domaines, dont chacun est nommé en fonction de la nature de son activité publique :

  • Le domaine de res­pon­sa­bi­lité interne englobe toutes les stra­té­gies et processus internes qui n'at­teig­nent pas le public, mais qui sont es­sen­tiels pour l'orien­ta­tion éthique de l'en­tre­prise.
  • Le domaine central de res­pon­sa­bi­lité comprend tous les domaines qui sont efficaces pour le public et qui ont un effet direct sur l'en­vi­ron­ne­ment, les personnes et la société, mais qui font toujours partie du processus de travail normal.
  • Tous les domaines ac­tion­nistes font partie du domaine de res­pon­sa­bi­lité externe, c'est-à-dire qu'une en­tre­prise devient cha­ri­ta­ble­ment active ici (prin­ci­pa­le­ment fi­nan­ciè­re­ment) et in­ter­rompt ou adapte son travail quotidien si né­ces­saire. Le modèle de Hiß est bien adapté pour illustrer les dif­fé­rents domaines d'ac­ti­vité de la RSE

Domaine de res­pon­sa­bi­lité interne

Le domaine de res­pon­sa­bi­lité interne comprend tous les processus internes qui affectent la stratégie de l'en­tre­prise elle-même. Le domaine de res­pon­sa­bi­lité interne relève gé­né­ra­le­ment de la res­pon­sa­bi­lité de l'exé­cu­tif et influence les décisions im­por­tantes, par exemple, quels par­te­naires com­mer­ciaux gagner, sa propre res­pon­sa­bi­lité sur le marché en ce qui concerne d'éven­tuels réseaux et monopoles, une pla­ni­fi­ca­tion de crois­sance juste et réaliste et une ren­ta­bi­lité saine.

Dans l'idéal, la boussole morale de l'en­tre­prise joue un rôle important dans la prise de décision : mais il est gé­né­ra­le­ment difficile de juger de l'ex­té­rieur dans quelle mesure une en­tre­prise prend au sérieux son domaine de res­pon­sa­bi­lité interne. Toutefois, une gestion de la RSE visible de l'ex­té­rieur est au moins une in­di­ca­tion que la stratégie interne tient également compte des principes moraux.

Zone de res­pon­sa­bi­lité in­ter­mé­diaire

Le domaine de res­pon­sa­bi­lité in­ter­mé­diaire comprend toutes les actions d'une en­tre­prise dont les effets sur l'en­vi­ron­ne­ment et la société peuvent être mesurés plus ou moins di­rec­te­ment. Ceci inclut les émissions de CO2 et la pollution de l'air ainsi que les con­di­tions de travail des employés, également une gestion res­pon­sable de la chaîne d'ap­pro­vi­sion­ne­ment. En effet, la coo­pé­ra­tion avec des en­tre­prises mo­ra­le­ment douteuses soutient en fin de compte leur politique d'en­tre­prise.

La res­pon­sa­bi­lité sociale des en­tre­prises dans la zone in­ter­mé­diaire de res­pon­sa­bi­lité est la plus difficile à coor­don­ner pour de nom­breuses grandes en­tre­prises, mais elle a pris une im­por­tance con­si­dé­rable, justement car c'est dans ce domaine que la plupart des dommages peuvent survenir. Ceci s'ap­plique non seulement à l'en­vi­ron­ne­ment et à la société, mais aussi à ses propres employés, à ses parties prenantes ainsi qu’à sa ré­pu­ta­tion.

La notion clé est ici l'in­ter­ve­nant : Stefanie Hiß suggère que le domaine de res­pon­sa­bi­lité in­ter­mé­diaire se réfère prin­ci­pa­le­ment à ces parties prenantes. D'une manière générale, les parties prenantes sont des personnes qui s'in­té­res­sent davantage aux processus, aux con­di­tions de travail et, dans la plupart des cas, au succès de l'en­tre­prise. Les groupes de personnes suivants sont des in­ter­ve­nants im­por­tants :

Les employés

Les en­tre­prises ont le devoir d'assurer à leurs employés un en­vi­ron­ne­ment de travail agréable et de fournir des in­for­ma­tions suf­fi­sam­ment trans­pa­rentes sur les op­por­tu­ni­tés de carrière et les hié­rar­chies. Ceci inclut également la question d’une ré­mu­né­ra­tion équitable et d’une par­ti­ci­pa­tion aux bénéfices, ainsi que la li­mi­ta­tion de la durée des contrats.

Lorsque les membres du syndicat tra­vail­lent dans l'en­tre­prise, l'in­te­rac­tion cons­truc­tive avec les syndicats constitue un autre élément essentiel pour une RSE saine dans ce domaine. Sinon, dans des cas extrêmes, il y aura des grèves si les en­tre­prises ne prennent pas au sérieux leur res­pon­sa­bi­lité sociale envers leurs employés. Des con­di­tions de travail inac­cep­tables remettent parfois même en question des or­ga­ni­sa­tions de défense des droits de l'homme ou des ins­ti­tu­tions publiques. Souvent, les employés déposent aussi des griefs dans ce domaine de manière anonyme : cette nouvelle peut se propager comme une traînée de poudre dans les médias sociaux et causer des dommages con­si­dé­rables à leur image.

Les pres­ta­taires de capitaux propres et de capitaux d’emprunt

Les in­ves­tis­seurs ont un intérêt évident non seulement au succès de l'en­tre­prise, mais aussi à une coo­pé­ra­tion loyale. Les sociétés cotées en bourse sont par­ti­cu­liè­re­ment menacées d'un préjudice con­si­dé­rable si leurs relations avec leurs par­te­naires com­mer­ciaux et leurs in­ves­tis­seurs sont mo­ra­le­ment douteuses, voire mal­hon­nêtes.

Les clients

Les en­tre­prises qui four­nis­sent des produits ne doivent pas tromper leurs clients. C’est par­ti­cu­liè­re­ment le cas pour les biens de con­som­ma­tion tels que les denrées ali­men­taires : une en­tre­prise a la res­pon­sa­bi­lité d'in­for­mer cor­rec­te­ment le client de la pré­pa­ra­tion et de la com­po­si­tion du produit. L'origine du produit ou des matériaux de cons­truc­tion et des matières premières utilisées est également im­por­tante pour de nombreux clients. Si une en­tre­prise se présente comme res­pec­tueuse de l'en­vi­ron­ne­ment, mais qu'elle utilise dans la fa­bri­ca­tion d'un produit des œufs provenant d'éle­vages en cage ou des com­po­sants d'en­tre­prises de pro­duc­tion nuisibles à l'en­vi­ron­ne­ment, cela peut entraîner la perte d'un nombre con­si­dé­rable de clients.

Pour de nom­breuses en­tre­prises, le client est de loin l'acteur le plus important. Si une en­tre­prise ne prend pas au sérieux sa res­pon­sa­bi­lité sociale envers ses clients, c'est souvent dû à une mauvaise gestion de la RSE (si elle existe).

Les résidents locaux

Les en­tre­prises situées dans les villes ou au moins à proximité immédiate des ag­glo­mé­ra­tions ont également une res­pon­sa­bi­lité envers les résidents locaux. L'en­tre­prise ne doit pas avoir d'impact négatif sur la qualité de vie des résidents. C'est le cas, par exemple, de la pollution sonore et de la pollution de l'en­vi­ron­ne­ment. Dans de nombreux pays, les gens con­ti­nuent de souffrir de con­di­tions de vie dif­fi­ciles parce que les grandes usines ignorent leur res­pon­sa­bi­lité sociale.

Dans les pires cas, les en­tre­prises pro­vo­quent une pollution de l'eau potable, un bruit inac­cep­table, une pollution de l'air et des dommages à la flore et à la faune en­vi­ron­nantes. Si de telles in­jus­tices sont rendues publiques, l'en­tre­prise est menacée non seulement d'at­teinte à son image, mais aussi de problèmes avec la loi et les or­ga­ni­sa­tions de pro­tec­tion de l'en­vi­ron­ne­ment.

Les agences gou­ver­ne­men­tales

Les en­tre­prises doivent se conformer aux lois du pays concerné. Cela implique également une col­la­bo­ra­tion har­mo­nieuse et honnête avec les or­ga­nismes publics. Dans les ins­tal­la­tions de pro­duc­tion, les normes de qualité et les ré­gle­men­ta­tions spé­ci­fiées par le lé­gis­la­teur doivent être res­pec­tées et ne pas être trompées lors des contrôles cor­res­pon­dants.

Les médias

La res­pon­sa­bi­lité du « quatrième pouvoir » en matière de cla­ri­fi­ca­tion comprend également la com­mu­ni­ca­tion la plus complète possible des griefs dans les en­tre­prises. La relation entre les jour­na­listes et les fonc­tion­naires est donc souvent am­bi­va­lente : d'une part, une en­tre­prise veut se présenter le mieux possible, afin que les médias puissent con­tri­buer à une image positive par leurs re­por­tages. D'autre part, les en­tre­prises qui n'as­su­ment pas leurs res­pon­sa­bi­li­tés d'en­tre­prise risquent ra­pi­de­ment de nuire à leur image si les jour­na­listes en entendent parler. Les re­pré­sen­tants des médias sont donc tout sauf les bienvenus dans certains locaux de l'en­tre­prise.

Dans la mesure où la res­pon­sa­bi­lité sociale des en­tre­prises n'est guère soumise au contrôle de l'État, les médias se sentent souvent obligés d'in­for­mer le public de leur mauvaise conduite. Cependant, une bonne gestion de la RSE implique en principe un dialogue ouvert et honnête avec les médias : si vous ne vous endettez pas, vous n'avez pas à craindre une trop mauvaise presse. Cependant, la plupart des jour­na­listes ne rendent guère compte de la per­for­mance positive des en­tre­prises, mais se con­centrent davantage sur la mauvaise conduite, sim­ple­ment parce que la presse à scandale se vend mieux.

Domaine de res­pon­sa­bi­lité externe

Dans le cadre de leur res­pon­sa­bi­lité sociale d'en­tre­prise (RSE), de nom­breuses en­tre­prises se con­centrent non seulement sur les processus internes, mais assument également une res­pon­sa­bi­lité sociale en dehors de leurs propres activités. Voici ci-dessous quelques exemples de ce qui peut être inclus dans ce domaine de res­pon­sa­bi­lité externe (qui est souvent assimilé au terme « ci­toyen­neté d'en­tre­prise »).

Les donations

Les dons de la part d'en­tre­prises cons­ti­tuent le moyen le plus populaire de vivre ac­ti­ve­ment la res­pon­sa­bi­lité d'en­tre­prise. Souvent, cependant, ces dons sont liés à la vente de mar­chan­dises et sont donc destinés à con­tri­buer à l'aug­men­ta­tion des ventes : par exemple, en pro­met­tant de donner une partie du bénéfice par produit vendu à une bonne cause. De nom­breuses en­tre­prises par­ti­ci­pent également à des évé­ne­ments tels que des marathons et des galas de collecte de fonds auxquels elles per­met­tent aux employés de par­ti­ci­per. Bien sûr, tout cela apporte une bonne publicité aux en­tre­prises, mais cela ne diminue pas le bénéfice général de ces activités. En fin de compte, des évé­ne­ments ca­ri­ta­tifs comme celui-ci sont pro­fi­tables pour tous ceux qui y par­ti­ci­pent.

Le spon­so­ring

Souvent, les en­tre­prises s'ac­quit­tent également de leur res­pon­sa­bi­lité sociale en par­rai­nant des ini­tia­tives spéciales ou en soutenant des as­so­cia­tions qui pour­sui­vent des objectifs ca­ri­ta­tifs. En retour, les en­tre­prises sont men­tion­nées po­si­ti­ve­ment par ces ins­ti­tu­tions et bé­né­fi­cient d'être associées à elles. Souvent, les en­tre­prises peuvent aussi améliorer ainsi leur ré­pu­ta­tion auprès des résidents locaux, par exemple en par­rai­nant des projets mu­ni­ci­paux et des évé­ne­ments régionaux.

Activités sociales

Les en­tre­prises sont souvent prêtes à accorder des congés à leurs employés s'ils veulent mener des activités sociales. Dans l'in­ter­valle, ceci est gé­né­ra­le­ment ré­gle­menté dans les contrats de travail (et les salariés bé­né­fi­cient d'une demi-journée de travail par trimestre, par exemple). De nom­breuses en­tre­prises sont donc prêtes à soutenir et même à payer les activités sociales de leurs employés (en en­re­gis­trant ces activités comme temps de travail).

Exemples de mise en œuvre positive de la res­pon­sa­bi­lité sociale des en­tre­prises

On observe souvent une RSE bien appliquée dans les or­ga­ni­sa­tions ins­ti­tu­tion­nelles. Lorsque les en­tre­prises créent des fon­da­tions, pro­meu­vent des projets sociaux et par­ti­ci­pent à des galas de charité, la RSE est mise en œuvre con­crè­te­ment. Toutefois, la RSE doit également être évaluée en fonction de la taille et de la vi­si­bi­lité d'une en­tre­prise. Les en­tre­prises qui opèrent à l'échelle mondiale mais qui ont leur siège dans un pays riche devraient également étendre leur en­ga­ge­ment social aux pays plus pauvres où elles pro­dui­sent.

Les di­men­sions de la RSE sont multiples : une petite en­tre­prise locale, par exemple, agit déjà de manière so­cia­le­ment res­pon­sable lors­qu'elle est impliquée sur un site par­ti­cu­lier, par exemple en apportant une aide fi­nan­cière aux ins­ti­tu­tions hu­ma­ni­taires. Une petite injection fi­nan­cière pour le parc urbain local peut également signifier une RSE positive. Les en­tre­prises fran­çaises sont encore à la traine en ce qui concerne la RSE. Lors d’un clas­se­ment établi en 2014 par E-RSE, la première en­tre­prise française est Suez En­vi­ron­ne­ment, situé à la 10e position. Il faut ensuite attendre la 21e place avec Danone. Vous trouverez ci-dessous des exemples d'en­tre­prises qui se dis­tin­guent dans le domaine de la res­pon­sa­bi­lité sociale des en­tre­prises.

Suez En­vi­ron­ne­ment

Suez en­vi­ron­ne­ment est la première en­tre­prise française au clas­se­ment mondial RSE. L’un de ses en­ga­ge­ments porte sur les énergies re­nou­ve­lables et la trans­for­ma­tion des déchets en res­sources : elle a ainsi permis à l’usine Mars Chocolat de Haguenau de trans­for­mer ses émissions de CO2 en vapeur verte, via un réseau de chaleur qui relie l'usine à lʼUnité de Va­lo­ri­sa­tion Éner­gé­tique des déchets ménagers de la région. Cette solution permet d’éviter l’émission de plus de 130 000 tonnes de CO2 pour une période de 15 ans.

Le groupe se consacre également à faire pro­gres­ser l’égalité des chances, qui se concentre es­sen­tiel­le­ment sur les femmes (le groupe travaille à faire pro­gres­ser la part des femmes dans ses instances de direction et ses filiales) et les tra­vail­leurs de plus de 55 ans, dont il cherche à augmenter le taux d’embauche et de maintien dans l’emploi.

Suez en­vi­ron­ne­ment s’engage enfin pour le droit à l’eau effectif : le groupe a ainsi contribué à mettre en place le programme Aguas de Cartagena dans la ville de Car­tha­gène en Colombie, qui vise à améliorer l'accès à l’eau dans les quartiers dé­fa­vo­ri­sés. Ce programme a été développé en col­la­bo­ra­tion avec la mu­ni­ci­pa­lité et des as­so­cia­tions locales, afin d’ap­pré­hen­der l’ensemble des di­men­sions de la précarité.

Bosch

L’en­tre­prise allemande à renommée mondiale est également un bon exemple de RSE positive. Le fabricant d'élec­tro­nique en­tre­tient plusieurs fon­da­tions ca­ri­ta­tives. La plus connue d'entre elles est la Robert Bosch Stiftung, qui est active dans les domaines de la santé, de la science, de la société, de l'édu­ca­tion et de la com­pré­hen­sion in­ter­na­tio­nale. La Robert Bosch Stiftung se concentre sur la promotion de projets ca­ri­ta­tifs, mais développe également ses propres ini­tia­tives. Les ins­ti­tu­tions ca­ri­ta­tives les plus connues de la fondation se trouvent à Stuttgart : l'hôpital Robert Bosch, l'Ins­ti­tut Dr Margarete Fischer-Bosch de phar­ma­co­lo­gie clinique et l'Ins­ti­tut d'his­toire de la médecine.

Bosch exploite également des fon­da­tions in­ter­na­tio­nales dont l'ob­jec­tif est d'amé­lio­rer la qualité de vie des personnes vivant à proximité immédiate de ses sites de pro­duc­tion. La Fondation Bosch Inde s'efforce d'amé­lio­rer les soins médicaux dans les régions les plus pauvres de l'Inde - en par­ti­cu­lier pour les enfants malades et les femmes enceintes. L'Ins­ti­tuto Robert Bosch au Brésil gère plusieurs éta­blis­se­ments d'en­seig­ne­ment. Bosch est également impliqué dans la lutte contre la pauvreté et la toxi­co­ma­nie au Brésil. Bosch exploite également plusieurs fon­da­tions pour ses nom­breuses ins­tal­la­tions de pro­duc­tion en Chine dans le but de réduire la pauvreté et de créer de meil­leures op­por­tu­ni­tés édu­ca­tives. Par exemple, Bosch soutient les étudiants de première année en payant les frais de scolarité au cours du premier semestre. En plus de ses fon­da­tions locales, Bosch en­tre­tient également plusieurs fon­da­tions qui se con­sacrent à l'aide in­ter­na­tio­nale aux réfugiés et à la pro­tec­tion contre les ca­tas­trophes.

En Allemagne où elle a été fondée, la Robert Bosch Stiftung est prin­ci­pa­le­ment active dans le domaine de l'édu­ca­tion, c'est pourquoi elle organise chaque année un prix scolaire à travers le pays. Bosch soutient également plusieurs éta­blis­se­ments d'en­seig­ne­ment dans des zones so­cia­le­ment dé­fa­vo­ri­sées.

Veuillez prendre con­nais­sance des mentions légales en vigueur sur cet article.

Aller au menu principal