Deux pré­sen­ta­tions du compte de résultat sont possibles : le compte de résultat par fonction et le compte de résultat par nature. La prin­ci­pale dif­fé­rence entre ces deux variantes réside dans les critères de ven­ti­la­tion des postes comp­tables.

Adresse email pro­fes­sion­nelle
Découvrez une nouvelle façon de traiter vos emails
  • Adresse email à votre nom
  • Fonctions d'IA pour rédiger des emails parfaits (en option)
  • Mes­sa­ge­rie sécurisée avec pro­tec­tion anti-spam

Qu’est-ce qu’un compte de résultat par fonction ?

Le compte de résultat par fonction est l’une des deux méthodes de pré­sen­ta­tion du compte de résultat. Dans le compte de résultat par fonction, seules les dépenses di­rec­te­ment im­pu­tables au produit des ventes sont déduites du chiffre d’affaires. Les charges liées aux salaires, aux trans­ports, etc., sont re­grou­pées par fonction, comme la gestion ad­mi­nis­tra­tive ou les ventes, sans dis­tinc­tion détaillée. C’est la prin­ci­pale dif­fé­rence avec le compte de résultat par nature, qui identifie clai­re­ment chaque nature comptable comme les va­ria­tions de stocks ou les produits semi-finis. En France, la pré­sen­ta­tion du compte de résultat par nature est gé­né­ra­le­ment pri­vi­lé­giée par rapport à celle par fonction. Dans la pré­sen­ta­tion du compte de résultat par nature, les va­ria­tions de stocks sont rendues publiques. Par con­sé­quent, des personnes ex­té­rieures pourront accéder à des in­for­ma­tions im­por­tantes sur la santé fi­nan­cière de l’en­tre­prise.

Fonc­tion­ne­ment du compte de résultat par fonction

Voici un exemple depré­sen­ta­tion du compte de résultat par fonction :

Symbole Compte de résultat selon la clas­si­fi­ca­tion des charges par fonction
  1. Chiffre d’affaires
-
  1. Coûts des ventes
= 3. Marge brute
-
  1. Frais com­mer­ciaux
-
  1. Frais généraux
+
  1. Autres produits d’ex­ploi­ta­tion
-
  1. Autres frais d’ex­ploi­ta­tion
= Résultat opé­ra­tion­nel (EBIT)
+
  1. Produits fi­nan­ciers
+
  1. Produits d’autres titres et prêts d’actifs fi­nan­ciers
+
  1. Autres intérêts et produits fi­nan­ciers
-
  1. Réduction de valeur sur les actifs fi­nan­ciers et les titres détenus à court terme
-
  1. Intérêts et autres charges
+/-
  1. Impôts sur les revenus et les bénéfices
= 14. Résultat après impôts
+/-
  1. Autres impôts
= 16. Résultat net de l’exercice

Les dépenses liées à l’achat ou à la pro­duc­tion des biens et services com­mer­cia­li­sés sont d’abord déduites du chiffre d’affaires. Le résultat obtenu est la marge brute qui sera par la suite réduite en fonction de certaines charges liées au fonc­tion­ne­ment de l’en­tre­prise, ou augmentée en fonction des autres produits opé­ra­tion­nels. Le montant ainsi généré est appelé le résultat opé­ra­tion­nel. Il permet de vérifier si l’activité prin­ci­pale d’une en­tre­prise est rentable.

En dernier lieu, les produits et les charges qui ne relèvent pas du fonc­tion­ne­ment de l’en­tre­prise, mais qui sont liés aux in­ves­tis­se­ments, au paiement des intérêts ou aux impôts divers, sont pris en compte. À ce stade, on ne fait plus la dif­fé­rence entre le compte de résultat par fonction et le compte de résultat par nature. Le résultat final permet de dé­ter­mi­ner si l’en­tre­prise réalise un excédent ou un déficit.

Exemple pratique

L’exemple ci-dessous vous permettra de mieux com­prendre le processus ainsi que les avantages et in­con­vé­nients du compte de résultat par fonction.

Une en­tre­prise de textile a :

  • Fabriqué durant son exercice 12 000 t-shirts et 6 000 sweats à capuche
  • Vendu 10 500 tee-shirts et 5 800 sweats à capuches ont été vendus
  • Des coûts de pro­duc­tion et de matériels de 5 euros par tee-shirt et à 12,50 euros par sweat à capuche
  • Fixé le prix de vente est à 10 euros pièce pour les t-shirts et 25 euros pièce pour les sweats
  • Un stock restant de 1 500 t-shirts et de 200 sweats à capuche à la fin de l’exercice
  • Des charges ad­di­tion­nelles liées à la vente des t-shirts et des sweats : coûts des ventes 13 000 euros, frais généraux et ad­mi­nis­tra­tifs 18 000 euros, autres charges d’ex­ploi­ta­tion 48 500 euros
  • Généré des produits annexes pour un montant de 8 000 euros

Si nous intégrons ces chiffres dans un compte de résultat par fonction, nous arrivons au calcul suivant :

Image: Exemple de présentation du compte de résultat par fonction
Voici un exemple pratique de pré­sen­ta­tion du compte de résultat par fonction.

Cet exemple montre clai­re­ment que la ré­par­ti­tion des coûts sur des postes très généraux n’est pas assez précise. Le compte de résultat par fonction ne permet pas à lui seul de com­prendre la ré­par­ti­tion des coûts de pro­duc­tion, de vente et d’ad­mi­nis­tra­tion, ni s’il est né­ces­saire d’optimiser certains domaines. Ce manque de précision peut parfois être vo­lon­taire, lorsque les en­tre­prises sont tenues de rendre leur bilan public. De cette façon, elles tiennent leurs en­ga­ge­ments mais sans pour autant dévoiler trop d’in­for­ma­tions sur leur fonc­tion­ne­ment interne.

Les avantages et in­con­vé­nients du compte de résultat par fonction

Le compte de résultat par fonction présente un certain nombre d’avantages et d’in­con­vé­nients, selon le cas d’usage et l’objectif de l’éta­blis­se­ment du bilan. Vous trouverez ci-dessous les prin­ci­paux points forts et points faibles de cette méthode.

Les avantages

  • Af­fec­ta­tion claire des coûts au chiffre d’affaires : les coûts sont di­rec­te­ment affectés au chiffre d’affaires réalisé, de sorte que la per­for­mance éco­no­mique de l’en­tre­prise est re­pré­sen­tée avec précision.
  • Procédure reconnue au niveau in­ter­na­tio­nal : cette méthode est utilisée selon les normes comp­tables in­ter­na­tio­nales (par exemple IFRS) et convient bien aux en­tre­prises actives au niveau mondial.
  • Analyse stra­té­gique : l’ef­fi­ca­cité opé­ra­tion­nelle peut être très bien analysée, car toutes les dépenses sont réparties par fonction, comme la pro­duc­tion, la dis­tri­bu­tion ou l’ad­mi­nis­tra­tion.
  • Facile à comparer : cette clas­si­fi­ca­tion permet une com­pa­rai­son plus aisée entre en­tre­prises d’un même secteur.

Les in­con­vé­nients

  • Aperçu des coûts peu détaillé : pas de ven­ti­la­tion des types de coûts tels que les coûts de matériel ou de personnel, ce qui rend difficile l’éva­lua­tion des dif­fé­rents postes. Le montant des dépenses liées au personnel et au matériel est un critère important lorsqu’il s’agit d’évaluer une en­tre­prise. C’est pourquoi le PCG exige que le détail de ces charges soit indiqué sé­pa­ré­ment dans une annexe dans le cas d’une pré­sen­ta­tion du compte de résultat par fonction.
  • Les va­ria­tions de stocks ne sont pas prises en compte : Les va­ria­tions de stocks ne sont pas intégrées di­rec­te­ment, ce qui peut poser problème, notamment pour les en­tre­prises in­dus­trielles.
  • Com­plexité de la clas­si­fi­ca­tion : l’en­re­gis­tre­ment et l’af­fec­ta­tion des charges né­ces­si­tent un travail con­sé­quent. L’un des in­con­vé­nients majeurs du compte de résultat par fonction est la somme de travail à accomplir afin de pouvoir réunir toutes les données né­ces­saires. Il n’est pas possible d’utiliser les chiffres issus de la comp­ta­bi­lité en partie double. Ces chiffres doivent être extraits de la comp­ta­bi­lité ana­ly­tique et issus de calculs sta­tis­tiques. Cette situation est pro­blé­ma­tique, en par­ti­cu­lier pour les petites et moyennes en­tre­prises, car elles tiennent rarement une comp­ta­bi­lité ana­ly­tique en plus de leur comp­ta­bi­lité classique.

Veuillez prendre con­nais­sance des mentions légales en vigueur sur cet article.

Aller au menu principal