Do­cu­men­ter les dépenses et recettes permet certes d’évaluer le succès et la situation fi­nan­cière de votre en­tre­prise, mais est aussi obli­ga­toire pour le fisc à la fin de chaque exercice comptable dans le but de dé­ter­mi­ner l’étendue et la nature de votre im­po­si­tion. Mais qu’en est-il au quotidien ? Afin de pouvoir do­cu­men­ter vos paiements en espèce con­for­mé­ment à la ré­gle­men­ta­tion, vous avez besoin d’un livre de caisse. Alors comment faut-il s’y prendre ? Et qui est dans l’obli­ga­tion de tenir un livre de caisse ? Nous vous ex­pli­quons les fon­da­men­taux pour tenir votre livre de caisse cor­rec­te­ment.

Qu’est-ce qu’un livre de caisse en bonne et due forme ?

De nombreux en­tre­pre­neurs estiment leurs recettes à l’aide des paiements sans espèces (tels que les trans­ferts, débits directs, paiements par l’in­ter­mé­diaire de cartes de crédit, etc.). Mais les paiements en espèces sont encore courants. Pour que l’ad­mi­nis­tra­tion fiscale reçoive toutes les in­for­ma­tions né­ces­saires pour certaines tran­sac­tions com­mer­ciales, vous devez prouver l’origine et l’existence de vos revenus et paiements en espèces. Cela se fait à l’aide du livre de caisse.

Le livre de caisse est l’un des documents les plus im­por­tants de la comp­ta­bi­lité. Afin de com­prendre les principes du livre de caisse, il ne faut pas né­ces­sai­re­ment être expert-comptable. Vous devriez en général vous con­cen­trer sur le principe suivant : toute saisie dans les caisses (entrée ou sortie d’argent) doit être claire et com­pré­hen­sible (revenus, dépenses, numéro de document, taux d’im­po­si­tion, etc.).

Conseil

Il existe des logiciels spé­ci­fiques pour faciliter la tenue de votre livre de caisse. Avec un tel programme, vous pouvez gérer votre livre de caisse de manière efficace, ef­fi­ciente et en évitant les trai­te­ments fas­ti­dieux. Toutefois, avant d’acheter un logiciel onéreux pour tenir un livre de caisse numérique, vous devriez vous informer de ses fonctions et par­ti­cu­la­ri­tés.  Dans le cas des outils en ligne, c’est en par­ti­cu­lier à propos de la pro­tec­tion des données qu’il y a matière à réflexion.

Faites at­ten­tions aux obli­ga­tions en vigueur sur la tenue d’un livre de caisse

Le livre de caisse contient toutes les tran­sac­tions d’en­cais­se­ment et de dé­cais­se­ment : il faut donc men­tion­ner le vendeur et l’acheteur, le mode de paiement, la des­crip­tion de la tran­sac­tion, le numéro du jus­ti­fi­ca­tif cor­res­pon­dant, le taux d’im­po­si­tion appliqué ainsi que la date de l’opération et le solde quotidien de la caisse.

Le livre de caisse dans le bilan

Le livre de caisse est un élément cons­ti­tu­tif du bilan comptable. Il ne doit ap­pa­raître que dans les tran­sac­tions en espèces au sein du compte de résultat. Dans le bilan, il doit être en­re­gis­tré comme actif sous le poste actif circulant.

Qui est obligé de tenir un livre de caisse ?

Tenir une comp­ta­bi­lité n’est pas une obli­ga­tion pour tout le monde. Certaines petites en­tre­prises peuvent recourir à une comp­ta­bi­lité sim­pli­fiée (en­tre­prises uni­per­son­nelles ou sociétés à res­pon­sa­bi­lité limitée SNC et SCS) mais la tenue d’un livre de caisse est toujours né­ces­saire. Aussi, les sociétés ou les en­tre­prises ayant un chiffre d’affaires annuel inférieur à 500 000€ peuvent se passer d’une comp­ta­bi­lité en partie double. Encore une fois, même si vous n’êtes pas dans l’obli­ga­tion de tenir un livre de caisse, cela est tout de même re­com­mandé. Car en par­ti­cu­lier pour les petites et moyennes en­tre­prises, qui voient leurs per­for­mances souvent payées en espèces, la tenue d’un livre de caisse offre un avantage in­dé­niable : il s’agit d’une vision détaillée de la situation fi­nan­cière de l’en­tre­prise.

Comment tenir un livre de caisse ?

La tenue d’un livre de caisse est fon­da­men­ta­le­ment assez simple : toutes les entrées ou sorties d’argent en liquide doivent être notées chro­no­lo­gi­que­ment dans le livre de caisse et reportées dans la dé­cla­ra­tion de gain en fin d’exercice. Une fois que vous avez compris le processus, une routine se développe ra­pi­de­ment. Mais avant d’entrer dans la pratique, vous devez d’abord savoir comment un livre de caisse est structuré.

Structure d’un livre de caisse

Pour que vous puissiez do­cu­men­ter cor­rec­te­ment vos opé­ra­tions en espèces, il vous faut un livre de caisse structuré et ce de manière uniforme. Les entrées et sorties doivent toujours contenir les éléments suivants :

la date de la tran­sac­tion com­mer­ciale

le numéro de document à attribuer, pour mieux le classer

Des­crip­tion courte de la tran­sac­tion

Le montant et la devise de l’entrée ou la sortie en espèces

Le taux d’im­po­si­tion appliqué

La taxe sur le chiffre d’affaires / TVA dé­duc­tible

L’état actuel de la caisse et l’objectif pré­vi­sion­nel

Le solde de tré­so­re­rie actuel est la valeur du montant total réel de la caisse. Listez le contenu de votre caisse selon la valeur des pièces in­di­vi­duelles ainsi que les factures et ad­di­tion­nez les montants. Il est important qu’à la fin de l’exercice, les soldes saisis dans le livre de caisse cor­res­pon­dent aux entrées et sorties réelles d‘espèces.

Remarque

Un livre de caisse ne peut en aucun cas présenter de solde négatif. Une caisse ne peut ainsi pas être in­fé­rieure à 0 euro. Si c’est le cas, vous avez sans doute effectué une erreur de calcul et devriez vérifier le tout encore une fois.

Voici comment fonc­tionne un livre de caisse

Avec le bon modèle de livre de caisse, vous pourrez vous habituer ra­pi­de­ment à ces processus. Entrez sim­ple­ment toutes les données né­ces­saires con­for­mé­ment à la ré­gle­men­ta­tion dans les domaines cor­res­pon­dants. Assurez-vous que vous gérez votre livre de caisse quo­ti­dien­ne­ment et conservez les données ainsi que tous les documents soig­neu­se­ment. Faites at­ten­tions aux points suivants lors de la création d’une entrée d’en­cais­se­ment ou de dé­cais­se­ment :  

Le livre de caisse ne peut contenir que des tran­sac­tions en liquide.

Entrez la date exacte ainsi que le solde d’ouverture exact de la veille, du mois dernier ou de l’année dernière.

Les entrées de tré­so­re­rie ap­par­tien­nent à la colonne « revenus » et les sorties sont inclues dans la colonne « dépenses ».

Entrez tous les processus de tré­so­re­rie dans l’ordre chro­no­lo­gique. Les mo­di­fi­ca­tions sub­sé­quentes ne sont pas au­to­ri­sées.

Vérifiez enfin si le solde de tré­so­re­rie est identique à la valeur réelle du  montant de tré­so­re­rie (compteur de tré­so­re­rie).

Assurez-vous que votre solde ne soit pas inférieur à 0€.

Exemple d’un livre de caisse

Une saisie sur un livre de caisse peut res­sem­bler à cela :

Exemple de processus de calcul de la caisse

Ici, il vous suffit d’entrer le nombre de pièces in­di­vi­duelles et les factures dans une liste, puis d’ajouter les montants in­di­vi­duels :

Les avantages d’un livre de caisse élec­tro­nique

Un logiciel pour tenir un livre de caisse peut vous faciliter la tâche. L’uti­li­sa­tion de caisses en­re­gis­treuses élec­tro­niques signifie non seulement moins de frais ad­mi­nis­tra­tifs, mais aussi plus de sécurité en ce qui concerne les contrôles opé­ra­tion­nels. Si l’autorité fi­nan­cière est quelque peu in­cer­taine, vous pouvez ra­pi­de­ment répondre à toutes les questions sans avoir à passer par votre caisse. Il est par­ti­cu­liè­re­ment important que votre livre de caisse réponde également aux exigences de l’ad­mi­nis­tra­tion fiscale. Peu importe si vous utilisez un tableau Excel ou un programme pour cela.

Un logiciel de finance pro­fes­sion­nel vous permet de gagner du temps et rend la comp­ta­bi­lité de tré­so­re­rie plus précise. Il stocke de manière fiable les entrées des livres comp­tables et documents créés. Tous les documents requis par le fisc sont dis­po­nibles en té­lé­char­ge­ment. En général, vous pouvez dis­tin­guer trois dif­fé­rents types de logiciels pour les livres de caisse :

  1. Modèles pour Word et Excel
Avantages : té­lé­char­ge­ment rapide, uti­li­sa­tion simple In­con­vé­nients : ma­ni­pu­lable (peut être refusé par le fisc)  Adapté pour de petites en­tre­prises
  1. Outils en ligne
Avantages : ac­ces­sibles depuis tout type d’appareil ; pas d’ins­tal­la­tion né­ces­saire In­con­vé­nient : pro­tec­tion des données pas toujours suf­fi­sante  Adapté pour petites et moyennes en­tre­prises dans l’obli­ga­tion de tenir une comp­ta­bi­lité
  1. Logiciels pro­fes­sion­nels de finance
Avantages : per­for­mant et fiable In­con­vé­nients : Ins­tal­la­tion né­ces­saire, éven­tuel­le­ment payante Adapté pour de moyennes et grandes en­tre­prises

Le choix d’un type d’outil peut se faire selon la taille de votre en­tre­prise, si vous êtes obligés de tenir une comp­ta­bi­lité complète ou non, que votre activité soit im­por­tante ou non. Dans certains cas, des modèles de tableaux Excel ou documents Word peuvent suffire.

Quel est le risque d’une comp­ta­bi­lité de livre de caisse erronée ?

Des erreurs sur le livre de caisse peuvent engendrer un refus du fisc. En cas de violation des lois et di­rec­tives fiscales, comme des in­for­ma­tions man­quantes par exemple ou encore des mo­di­fi­ca­tions apportées ul­té­rieu­re­ment, le fisc peut réagir de la manière suivante :

  • Les documents soumis vous seront retournés avec une in­vi­ta­tion à corriger les in­for­ma­tions man­quantes ou in­cor­rectes.
  • Le fisc effectue des ajus­te­ments in­dé­pen­dam­ment, à l’aide d’es­ti­ma­tions par­tielles ou globales.

Selon l’ampleur et la gravité des vio­la­tions, des pénalités ou pro­cé­dures pénales peuvent être ap­pli­quées :

  • Retrait des avantages fiscaux, comme la déduction de TVA.
  • Es­ti­ma­tions dé­fa­vo­rables de l’assiette fiscale
  • Pro­cé­dures fiscales

Veuillez prendre con­nais­sance des mentions légales en vigueur sur cet article.

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