Le compte de résultat et le bilan cons­ti­tuent les comptes annuels d’une en­tre­prise. Le bilan permet de se faire une idée de l’actif et du passif d’une en­tre­prise et donc de fournir des in­di­ca­tions sur sa situation fi­nan­cière. Le compte de résultat permet de savoir si une société a en­re­gis­tré des pertes ou des profits, mais aussi de com­prendre le mode de ven­ti­la­tion des produits et des charges. Le compte de résultat permet à d’éventuels in­ves­tis­seurs d’évaluer le potentiel de l’en­tre­prise. C’est également un outil d’aide à la décision pour la direction.

En France, les règles comp­tables ap­pli­cables aux en­tre­prises sont gé­né­ra­le­ment issues du plan comptable général (PCG) qui est édicté par l’ANC (Autorité des normes comp­tables), notamment pour la pré­sen­ta­tion des comptes annuels : le compte de résultat, le bilan et les annexes. Pour le compte de résultat, deux pré­sen­ta­tions sont possibles : le compte de résultat par fonction et le compte de résultat par nature. Les deux modèles abou­tis­sent au même résultat, mais se dis­tin­guent néanmoins dans la pré­sen­ta­tion des dif­fé­rents postes.

Voici comment fonc­tionne le compte de résultat par nature

Par dé­fi­ni­tion, le compte de résultat par nature permet de présenter non seulement les charges et les produits, mais aussi les biens produits pour compte propre. Dans le compte de résultat par fonction, ces derniers sont pris en compte dans les calculs, mais ne font pas l’objet d’une pré­sen­ta­tion détaillée. Par con­sé­quent, le compte de résultat par nature cons­ti­tuera un élément par­ti­cu­liè­re­ment sig­ni­fi­ca­tif, si on souhaite évaluer la ren­ta­bi­lité d’une en­tre­prise.

Les va­ria­tions des stocks d’en-cours et de produits finis sont ajoutées aux produits des ventes et les di­mi­nu­tions de stocks sont déduites en con­sé­quence. Par con­sé­quent dans le compte de résultat par nature, les va­ria­tions de stock peuvent être pré­sen­tées aussi bien du côté des charges que du côté des produits.

Note

La notion de biens produits pour compte propre se définit comme la fa­bri­ca­tion d’im­mo­bi­li­sa­tions par une société pour son propre compte. Cela peut par exemple prendre la forme d’un dé­ve­lop­pe­ment de logiciel pour l’op­ti­mi­sa­tion du fonc­tion­ne­ment interne ou bien la fa­bri­ca­tion d’une nouvelle machine afin d’améliorer le processus de pro­duc­tion. Les frais de pro­duc­tion et de personnel engagés sont portés au bilan en ins­cri­vant le poste en question en tant qu’actif im­mo­bi­lisé.

En France, on aura tendance à préférer le modèle du compte de résultat par nature. Cela permet, en théorie, de tirer des con­clu­sions sur la réussite com­mer­ciale d’une en­tre­prise. Dans la section « in­con­vé­nients », on vous explique en quoi cela se révèle plutôt difficile dans la pratique.

En France, les en­tre­prises choi­sis­sent la pré­sen­ta­tion qui leur semble la mieux adaptée à leur activité. Les normes comp­tables sont té­lé­char­geables sur le site de l’ANC.

Les avantages du compte de résultat par nature

L’avantage du compte de résultat par nature réside dans le fait qu’une grande partie des données requises peuvent être extraites di­rec­te­ment de la comp­ta­bi­lité sans avoir besoin de faire de calculs longs et complexes. En outre, la ven­ti­la­tion détaillée des charges permet d’avoir un bon aperçu de la ré­par­ti­tion exacte des coûts au sein d’une en­tre­prise. Cela permet aux en­tre­pre­neurs de pouvoir iden­ti­fier dans quel domaine ils doivent faire des économies afin d’augmenter la marge bé­né­fi­ciaire.

Le fait que les produits semi-finis soit également inclus dans les calculs présente un avantage pour les en­tre­prises dont les produits sont soumis à une longue période de pro­duc­tion. Cela permet d’avoir une vision réaliste de la situation à l’instant « T » de l’en­tre­prise.

Les in­con­vé­nients du compte de résultat par nature

Néanmoins, ce dernier avantage évoqué ci-dessus constitue également un des in­con­vé­nients majeurs du compte de résultat par nature. Afin de connaître le stock exact de produits finis et semi-finis, il est né­ces­saire de procéder ré­gu­liè­re­ment à des in­ven­taires détaillés. Cependant, la plupart des en­tre­prises fonc­tion­nent avec des effectifs normaux et ne peuvent donc procéder à des in­ven­taires qu'une fois par an, à la date de clôture de l’exercice. Par con­sé­quent, on effectue les calculs au cours de l'exer­cice pour ces postes, en se basant sur des es­ti­ma­tions ou des ap­proxi­ma­tions, ce qui a pour effet de fausser plus ou moins le résultat. Cela vient affaiblir l’impact du compte de résultat sur la ren­ta­bi­lité.

De plus, pour tous les groupes de produits, l’état des stocks et les chiffres des ventes sont agrégés et regroupés en un seul poste, ce qui constitue un in­con­vé­nient sup­plé­men­taire. Il est donc im­pos­sible d’évaluer la ren­ta­bi­lité d’un produit ou d’une ligne de produit en par­ti­cu­lier, car seule la globalité de la réussite ou d’un échec est en­re­gis­trée. C’est pro­blé­ma­tique, en par­ti­cu­lier pour les grosses en­tre­prises, qui proposent un large éventail de produits dif­fé­rents. Pour être capable de mieux évaluer leur réussite com­mer­ciale en détail, elles vont donc devoir faire d’autres calculs et appliquer d’autres méthodes propres à la gestion d'en­tre­prise. Dans ce type de cas, le compte de résultat, qui est une des bases im­por­tantes de la gestion d'en­tre­prise, ne remplit pas ses objectifs.

En revanche, le compte de résultat par nature convient aux petites et moyennes en­tre­prises qui disposent d’une offre produits simple à gérer, car il présente des facilités d’uti­li­sa­tion et de calcul.

Cas pratique

Cet exemple va nous permettre de mieux com­prendre les avantages et les in­con­vé­nients du compte de résultat par nature. Prenons une en­tre­prise de textile pour illustrer notre exemple :

Une en­tre­prise de textile a

  • durant son exercice fabriqué 12 000 tee-shirts et 6 000 sweats à capuche
  • 10 500 tee-shirts et 5 800 sweats à capuches ont été vendus
  • Les coûts de pro­duc­tion et de matériels s’élèvent à 5 euros par tee-shirt et à 12,50 euros par sweat à capuche
  • Le prix de vente est de 10 euros pièce pour les tee-shirts et 25 euros pièce pour les sweats
  • À la fin de l'exer­cice, la société dispose d’un stock restant de 1 500 t-shirts et de 200 sweats à capuche
  • Les charges ad­di­tion­nelles liées à la vente des tee-shirts et des sweats sont les suivantes : charges de personnel 60 000 euros, amor­tis­se­ments 6 500 euros, autres charges d'ex­ploi­ta­tion 13 000 euros
  • La société a également généré des produits annexes pour un montant de 8 000 euros.

Si nous intégrons ces chiffres dans un compte de résultat par nature, nous arrivons au calcul suivant :

Dans cet exemple, le compte de résultat par nature se révèle re­la­ti­ve­ment sig­ni­fi­ca­tif. En effet, il n’y a que deux produits pour lesquels il est facile de dé­ter­mi­ner les données relatives à la pro­duc­tion ainsi que les chiffres des ventes et qui sont à peu près connus de l’en­tre­prise. Si le produit des ventes était basé sur un nombre beaucoup plus important de groupes de produits, il ne serait pas possible de dé­ter­mi­ner, à partir de ce compte de résultat, si dans cette gamme il existe des articles qui se vendent moins bien que d’autres.

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