Les voyages d’affaires peuvent être réguliers pour de nombreux salariés et pro­fes­sion­nels Dans bon nombre de cas, les frais encourus sont gé­né­ra­le­ment à la charge de l’employeur. Si ce dernier doit rem­bour­ser les frais, il peut par la suite aussi les déduire fis­ca­le­ment. Le facteur décisif pour le rem­bour­se­ment des frais est évi­dem­ment la forme du contrat de travail : si les employés doivent assumer eux-mêmes certains frais de dé­pla­ce­ment con­for­mé­ment au contrat ou non. Les in­dé­pen­dants et free-lance peuvent eux déclarer ces frais comme des dépenses liées à l’activité dans leur dé­cla­ra­tion d’impôt. La condition préalable est d’avoir un jus­ti­fi­ca­tif complet pour les dé­pla­ce­ments, nommé note de frais, dans lequel tous les frais relatifs aux dé­pla­ce­ments pro­fes­sion­nels ou voyages d’affaires doivent être clai­re­ment do­cu­men­tés.

Qu’est-ce qu’une note de frais ?

Une note de frais de dé­pla­ce­ment est un relevé de toutes les dépenses engagées au cours d’une mission ou d’un dé­pla­ce­ment. Dans ce contexte par­ti­cu­lier, le terme « voyage » désigne l’absence si­mul­ta­née de domicile et de lieu de travail résultant d’un travail hors du domicile ou du bureau habituel. Si l’employeur rembourse les frais de dé­pla­ce­ment, il a besoin des notes de frais afin de déduire fis­ca­le­ment les dépenses ul­té­rieu­re­ment.

Les dépenses peuvent être sub­di­vi­sées en trois grandes ca­té­go­ries pour les frais de voyage :

  • Les frais de dé­pla­ce­ment
  • Les frais de repas (dont les repas d’affaires par exemple)
  • Les frais de logement, d‘hé­ber­ge­ment

En principe, toutes les dépenses doivent être jus­ti­fiées par des factures, des reçus, des billets ou autres pièces jus­ti­fi­ca­tives. Pour sim­pli­fier les choses, vous pouvez utiliser divers forfaits pour le calcul et le rem­bour­se­ment des frais de dé­pla­ce­ment, notamment le barème ki­lo­mé­trique et les forfaits pour les repas. Ces barèmes dé­fi­nis­sent en effet certains montants for­fai­taires qui sont dé­ter­mi­nés an­nuel­le­ment et peuvent être utilisés pour l’éva­lua­tion des coûts et les rem­bour­se­ments. De cette façon, vous pouvez vous passer du calcul in­di­vi­duel et du calcul des frais réels pour les voyages d’affaires qui sont souvent longs et fas­ti­dieux.

Note de frais : comment les coûts in­di­vi­duels sont calculés ?

Lorsque vous éta­blis­sez une note de frais pour un dé­pla­ce­ment pro­fes­sion­nel vous devez d’abord choisir une des deux variantes exis­tantes :

1. Voulez-vous calculer vos dépenses réelles ? (ce qui signifie que vous devez obli­ga­toi­re­ment conserver tous les reçus).

2. Voulez-vous utiliser les barèmes et forfaits légaux pour le calcul des frais de vos voyages et dé­pla­ce­ments pro­fes­sion­nels ? (frais de dé­pla­ce­ment, d’hé­ber­ge­ment et de res­tau­ra­tion possibles)

Afin d’éviter les erreurs dans la pré­pa­ra­tion des jus­ti­fi­ca­tifs et notes de frais de dé­pla­ce­ment et les conflits qui peuvent en résulter soit avec l’ad­mi­nis­tra­tion fiscale ou avec l’employeur, vous devez choisir une variante avant le début du dé­pla­ce­ment et traiter les ca­rac­té­ris­tiques par­ti­cu­lières des dif­fé­rents coûts de manière in­di­vi­duelle.

Frais de dé­pla­ce­ment

Les frais de dé­pla­ce­ment que vous devez ré­per­to­rier dans une note de frais pour un voyage d’affaires incluent les frais du voyage aller-retour, d’une part, et les dé­pla­ce­ments sur place d’autre part. Il est important pour le calcul des frais que ces dé­pla­ce­ments soient effectués avec votre propre voiture, avec une voiture de fonction ou de location, ou avec les trans­ports publics. Pour l’uti­li­sa­tion d’avions, de trains, d’autobus et autres, ainsi que pour l’uti­li­sa­tion d’une voiture de location, les frais peuvent toujours être rem­bour­sés au montant réel, à condition qu’ils soient pro­por­tion­nés et justifiés par des reçus ap­pro­priés (billet, contrat de location, reçu etc.).

Note

Les frais de dé­pla­ce­ment jusqu’au « premier lieu de travail », c'est-à-dire les frais de dé­pla­ce­ment du domicile au lieu de travail habituel, conforme au contrat de travail, sont également con­si­dé­rés comme des frais de dé­pla­ce­ment. Il ne s’agit pas de frais de voyage d’affaires, mais vous pouvez les déduire de votre impôt sur le revenu à titre de frais pro­fes­sion­nels (déduction for­fai­taire de 10 % ou déduction des frais réels). La base de calcul est le barème ki­lo­mé­trique.

Les frais d’uti­li­sa­tion de votre véhicule privé à des fins pro­fes­sion­nelles, notamment pour un voyage d’affaires ouvrent aussi droit à déduction et rem­bour­se­ment. Tous les frais de véhicule d’une année sont pris en compte dans le décompte (amor­tis­se­ment, frais d’entretien, frais de leasing, essence, taxe sur les véhicules, assurance, etc.). Ces coûts annuels sont ad­di­tion­nés et divisés par le nombre total de ki­lo­mètres parcourus au cours de l’année. Le barème est calculé en fonction de la puissance du véhicule et du nombre de ki­lo­mètres parcourus.

Toute personne qui utilise donc son véhicule pour un dé­pla­ce­ment pro­fes­sion­nel doit conserver et présenter l’ensemble des jus­ti­fi­ca­tifs des dépenses à son employeur. Ces jus­ti­fi­ca­tifs sont né­ces­saires pour établir une note de frais. Les jus­ti­fi­ca­tifs doivent obli­ga­toi­re­ment comporter la date et le motif du dé­pla­ce­ment pro­fes­sion­nel ainsi que la distance parcourue.

Si vous habitez à 40 km ou moins de votre lieu de travail, vous devez prendre en compte l’in­té­gra­lité du ki­lo­mé­trage dans le calcul de vos frais de transport. Si votre domicile se situe à plus de 40 km de votre lieu de travail, le ki­lo­mé­trage est limité à 40 km. Mais l’in­té­gra­lité de la distance peut être prise en compte si vous justifiez cet éloig­ne­ment.

Le barème ki­lo­mé­trique est différent pour les cy­clo­mo­teurs. Le péage et le parking ne sont pas couverts par les in­dem­ni­tés ki­lo­mé­triques. Ils doivent donc faire l’objet d’une note de frais séparée dans le cadre d’un dé­pla­ce­ment pro­fes­sion­nel.

Exemple de frais de dé­pla­ce­ment avec l’uti­li­sa­tion du barème ki­lo­mé­trique :

L’exemple suivant a pour but d’illustrer le fonc­tion­ne­ment :

Au cours de la dernière année civile, Madame Martin a parcouru 28 000 ki­lo­mètres avec son véhicule personnel, 18 000 ki­lo­mètres pour des raisons pro­fes­sion­nels et 10 000 ki­lo­mètres en privé. Pour le calcul des frais de dé­pla­ce­ment, elle aimerait utiliser le barème des frais ki­lo­mé­triques spé­ci­fique au véhicule, c’est pourquoi elle a tenu un registre contenant l’ensemble des jus­ti­fi­ca­tifs pour établir une note de frais, elle doit aussi pouvoir présenter la carte grise du véhicule en cas de contrôle. La puissance du véhicule est de 5 CV. Ainsi le calcul doit être le suivant :

Les frais d’hé­ber­ge­ment et de repas

Si vous passez la nuit dans un hôtel, une chambre d’hôte ou un éta­blis­se­ment similaire dans le cadre de votre voyage d’affaires et que vous devez déjeuner ou diner, l’employeur est tenu de rem­bour­ser les frais pro­fes­sion­nels. Il peut aussi par la suite déduire la TVA sur ses coûts. Pour ce faire, il peut opter pour un rem­bour­se­ment au réel, ou bien pour une in­dem­ni­sa­tion for­fai­taire.

Ces frais de dé­pla­ce­ment et d’hé­ber­ge­ment sont rem­bour­sés à condition que la distance entre le domicile de l’employé et sa des­ti­na­tion dépasse 50 km et cor­res­pond à plus d’1h30 en trans­ports en commun.

Dans le cas des frais réels, la note de frais se révèle être obli­ga­toire et vous devez produire et présenter les jus­ti­fi­ca­tifs ap­pro­priés (reçus, factures etc.). Pour le versement d’une al­lo­ca­tion for­fai­taire pour les frais d’hé­ber­ge­ment et de dé­pla­ce­ment et même de repas Il est important de savoir s'il s’agit d’un dé­pla­ce­ment en métropole, en Outre-mer ou à l’étranger car les montants des in­dem­ni­tés jour­na­lières sont dif­fé­rents.

Note

En France, les rem­bour­se­ments des frais pro­fes­sion­nels sont exonérés de charges sociales, con­trai­re­ment aux salaires versés. C’est l’URSSAF qui fixe chaque année un barème en fonction de chaque catégorie de dépense. Le forfait s’appuie sur ce barème.

France mé­tro­po­li­taine :

Si l’employeur décide donc de verser une indemnité for­fai­taire, il doit obli­ga­toi­re­ment comparer le montant versé avec le barème ci-dessus qui sont les limites d’exo­né­ra­tion pour les repas et le logement.

Ces montants sont ap­pli­cables pour une durée de 3 mois continue ou dis­con­ti­nue. Pour une mission ou un dé­pla­ce­ment supérieur à 3 mois les montants fixés subissent un abat­te­ment comme vous pouvez le voir dans le tableau ré­ca­pi­tu­la­tif ci-dessous :

Outre-mer :

Il existe évi­dem­ment des montants dif­fé­rents pour les al­lo­ca­tions for­fai­taires pour les dé­pla­ce­ments en Outre-mer. Le taux maximal est fixé à 90 ou 120 euros par jour en fonction de la des­ti­na­tion. L’indemnité se doit d’être réduite si le salarié bénéficie sur place d’un logement gratuit ou d’un repas gratuit comme vous pouvez le voir dans le tableau ci-dessous :

Enfin, veuillez noter que ces montants sont réduits de 15 % à partir du 4ème mois et de 30 % à partir du 25ème mois et cela dans une limite de 4 ans pour un dé­pla­ce­ment ou une mission en Outre-mer.

Étranger :

Pour les dé­pla­ce­ments à l’étranger, il est aussi possible de rem­bour­ser ou d’avancer les frais sous la forme d’une al­lo­ca­tion for­fai­taires. La règle est la même, mais le montant varie évi­dem­ment en fonction du pays dans lequel le salarié doit se rendre.

Les montants sont con­sul­tables di­rec­te­ment sur le site du ministère de l’économie. Il suffit de sé­lec­tion­ner un pays dans la liste pour voir en fonction de l’année le montant de cette al­lo­ca­tion.

Comme pour l’Outre-mer, cette indemnité doit être réduite lorsque le salarié est logé gra­tui­te­ment (de 65 %), lorsque le salarié est nourri à un des repas (de 17,5 %), et enfin si il est nourri aux deux repas (35 %).

Enfin pour les dé­pla­ce­ments à l’étranger, sachez que l’employeur a le droit de combiner les deux modes d’in­dem­ni­sa­tion en rem­bour­sant les frais réels d’hé­ber­ge­ment justifiés par le salarié et les frais de repas sous forme d’al­lo­ca­tions for­fai­taires.

Veuillez prendre con­nais­sance des mentions légales en vigueur sur cet article.

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