Com­prendre le principe des amor­tis­se­ments et connaître les règles fiscales les plus im­por­tantes est un challenge pour beaucoup d’en­tre­pre­neurs. Une fois cela réussi, se pose bientôt la question d’une méthode favorable d’amor­tis­se­ment. L’amor­tis­se­ment dégressif offre pour beaucoup d’en­tre­prises récemment créées de nombreux avantages. En effet, les montants de l’amor­tis­se­ment au cours des premières années sont nettement plus élevés que ceux de l’amor­tis­se­ment linéaire.

Remarque

L’amor­tis­se­ment dégressif d’une im­mo­bi­li­sa­tion permet d’amortir le bien plus ra­pi­de­ment au cours des premières années de son uti­li­sa­tion.

Amor­tis­se­ment dégressif : ex­pli­ca­tions

Lorsqu’une en­tre­prise achète un bien dans l’optique de l’utiliser sur plusieurs années, ce bien perd de sa valeur au cours des ans. Les biens concernés sont notamment les véhicules, les machines, les outils, les im­pri­mantes et or­di­na­teurs etc.

Afin de refléter cor­rec­te­ment la valeur du bien, l’en­tre­prise doit en­re­gis­trer de manière comptable une dé­pré­cia­tion de la valeur du bien : il s’agit de l’amor­tis­se­ment. Cependant, il est à noter que l’amor­tis­se­ment est sim­ple­ment une écriture comptable, c’est-à-dire qu’aucun flux ne sort réel­le­ment de l’en­tre­prise.

Deux tech­niques d’amor­tis­se­ment comptable peuvent être utilisées :

  • L’amor­tis­se­ment linéaire con­sis­tant à amortir tous les ans la même part de la valeur du bien ;
  • L’amor­tis­se­ment dégressif con­sis­tant à amortir plus vite au début de la vie du bien.

Comme indiqué pré­cé­dem­ment, l’amor­tis­se­ment dégressif est une dé­ro­ga­tion accordée par l’ad­mi­nis­tra­tion fiscale, afin d’inciter les en­tre­prises à investir.

Remarque

L’amor­tis­se­ment d’un bien relève d’une obli­ga­tion imposée par l’ad­mi­nis­tra­tion fiscale. L’amor­tis­se­ment dé­ro­ga­toire et l’amor­tis­se­ment ex­cep­tion­nel sont tous deux des formes d’amor­tis­se­ment dégressif.

Le terme « su­ra­mor­tis­se­ment » désigne quant-à-lui une mesure fiscale de déduction ex­cep­tion­nelle en faveur de l’in­ves­tis­se­ment productif. Celle-ci est ap­pli­cable à certains in­ves­tis­se­ments effectués jusqu’au 14 avril 2017.

Les en­tre­prises con­cer­nées peuvent ainsi déduire de leur résultat imposable, en plus de l’amor­tis­se­ment, 40 % du prix de revient des biens acquis ou fabriqués. La condition à cette déduction ex­cep­tion­nelle est que celle-ci doit être répartie li­néai­re­ment sur la durée d’amor­tis­se­ment de l’in­ves­tis­se­ment.

Taux d’amor­tis­se­ment dégressif

Le taux d’amor­tis­se­ment qui est utilisé dans le cas d’un amor­tis­se­ment dégressif cor­res­pond au taux d’amor­tis­se­ment linéaire auquel est ajouté un coef­fi­cient :

Connaître le coef­fi­cient d’amor­tis­se­ment dégressif

C’est l’ad­mi­nis­tra­tion fiscale qui indique le coef­fi­cient d’amor­tis­se­ment dégressif en fonction de la durée normale d’uti­li­sa­tion du bien à amortir. Il est à souligner que la durée normale d’uti­li­sa­tion du bien est également com­mu­ni­quée par l’ad­mi­nis­tra­tion fiscale :

  • si la durée d’uti­li­sa­tion est comprise entre 3 et 4 ans, le coef­fi­cient d’amor­tis­se­ment dégressif sera alors de 1,25 ;
  • si la durée d’uti­li­sa­tion est comprise entre 5 et 6 ans, le coef­fi­cient d’amor­tis­se­ment dégressif sera alors de 1,75 ;
  • si la durée d’uti­li­sa­tion est su­pé­rieure à 6 ans, le coef­fi­cient d’amor­tis­se­ment dégressif sera alors de 2,25.

Calculer l’amor­tis­se­ment dégressif

Afin d’obtenir un résultat correct, il faut calculer l’amor­tis­se­ment dégressif à partir du premier jour du mois de l’ac­qui­si­tion de l’im­mo­bi­li­sa­tion. Par exemple, si une en­tre­prise achète une machine le 28 mai et ne commence à l’utiliser qu’à partir du 3 juin, cela n’a pas d’im­por­tance car la machine doit être amortie à partir du 1er mai.

Formule annuité d’amor­tis­se­ment

L’annuité d’amor­tis­se­ment cor­res­pond au montant annuel de l’amor­tis­se­ment. Dans le cas de l’amor­tis­se­ment dégressif, l’annuité est de plus en plus faible :

Annuité amor­tis­se­ment dégressif – valeur en début d’exercice x taux dégressif

Formule de la valeur nette comptable : deux pos­si­bi­li­tés

La valeur nette comptable cor­res­pond à la dif­fé­rence entre la valeur d’origine du bien et le montant des amor­tis­se­ments calculés :

Quand passer en amor­tis­se­ment linéaire ?

Il convient d’aban­don­ner l’amor­tis­se­ment dégressif au cours de l’année à partir de laquelle un amor­tis­se­ment linéaire est plus important qu’un amor­tis­se­ment dégressif.

Note

Créer un tableau d’amor­tis­se­ment permet de ré­ca­pi­tu­ler l’amor­tis­se­ment d’un bien sur sa durée de vie.

Amor­tis­se­ment dégressif : création d’un tableau

Prenons le cas d’une en­tre­prise qui achète une machine pour 200 000 euros le 5 mai de l’année N. Elle souhaite l’amortir en dégressif sur 10 ans. Le coef­fi­cient dégressif cor­res­pon­dant est ainsi celui de 2,25 étant donné que la durée d’uti­li­sa­tion est su­pé­rieure à 6 ans. Le taux dégressif est de 22,5 % (soit 1/10 ans x 2,25).

La première annuité est égale à : 200 000 € x 22,5 % x 8 mois* / 12 mois = 30 000 €

*8 mois car la machine commence à être amortie à partir du 1er mai, donc il faut calculer du 1er mai jusqu’au 31 décembre pour la première annuité.

Autres annuités dé­gres­sives = valeur nette comptable début exercice x 22,5 %

À partir de l’année N + 7, on constate que les amor­tis­se­ments cumulés sont su­pé­rieurs à la valeur nette comptable de fin d’exercice (valeur lors de la première annuité pour la ligne Mai N – Décembre N) : il faut alors passer en amor­tis­se­ment linéaire pour les 4 dernières années.

Pour ce faire, on divise la valeur nette comptable de fin d’exercice de l’année N + 6, par le nombre d’années N restantes, soit 4 dans cet exemple. On obtient ainsi l’annuité qui sera à déduire chaque année jusqu’à amor­tis­se­ment complet de la machine.

Années Valeur nette comptable début exercice Annuité Amor­tis­se­ments cumulés Valeur nette comptable fin exercice
Mai N – Décembre N 200 000 € 30 000 € 30 000 € 170 000 €
N + 1 170 000 € 38 250 € 68 250 € 131 750 €
N + 2 131 750 € 29 644 € 97 894 € 102 106 €
N + 3 102 106 € 22 974 € 120 868 € 79 132 €
N + 4 79 132 € 17 805 € 138 673 € 61 327 €
N + 5 61 327 € 13 799 € 152 472 € 47 528 €
N + 6 47 528 € 10 694 € 163 166 € 36 834 €
N + 7 36 834 € 9 209 € 172 374 € 27 625 €
N + 8 27 626 € 9 209€ 181 583 € 18 417 €
N + 9 18 417 € 9 209 € 190 792 € 9 209
N + 10 9 209 € 9 209 € 200 000 € 0 €

En ef­fec­tuant ce type de tableau, cela permet de se rendre compte que la machine est mieux amortie en début d’uti­li­sa­tion qu’en fin de vie.

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