Le calcul des flux de tré­so­re­rie est un processus de calcul, composé d’en­cais­se­ments et de dé­cais­se­ments. La question mise en avant ici est de savoir comment les res­sources fi­nan­cières d’une en­tre­prise ont changé au cours de la dernière année. Le but de ce relevé est de présenter tous les fonds accumulés d’une en­tre­prise et leur uti­li­sa­tion, de manière trans­pa­rente. Ce tableau de fi­nan­ce­ment fournit des in­for­ma­tions sur la capacité de l’en­tre­prise à générer des excédents pour répondre à ses obli­ga­tions de paiement et pour verser des di­vi­dendes aux ac­tion­naires. En bref : le tableau des flux de tré­so­re­rie re­pré­sente l’éva­lua­tion fi­nan­cière d’une en­tre­prise.

Note

Les li­qui­di­tés composant une tré­so­re­rie com­pren­nent l’argent liquide ainsi que ses équi­va­lents pour une en­tre­prise. Cela comprend les espèces, les dépôts bancaires auxquels l’en­tre­prise peut accéder à tout moment. Les équi­va­lents de tré­so­re­rie sont des moyens à court-terme. On retrouve des in­ves­tis­se­ments fi­nan­ciers pouvant être soumis à des fluc­tua­tions mineures de valeur.

Ex­pli­ca­tion du terme : calcul des flux de tré­so­re­rie

La notion « Calcul des flux de tré­so­re­rie » est à com­prendre comme le terme anglais flow statement, ou encore tableau de fi­nan­ce­ment. Il s’agit en fait d’un abus de langage au sens strict. Car en dehors des moyens de fi­nan­ce­ment, le capital d’une en­tre­prise comprend aussi en général des actifs matériels (im­mo­bi­li­sa­tions cor­po­relles) comme des machines, du matériel technique, du terrain ou des immeubles, des équi­pe­ments d’ex­ploi­ta­tion et véhicules qui ne peuvent être liquidés ra­pi­de­ment et qui sont liés sur le long-terme à l’en­tre­prise. Le tableau des flux de tré­so­re­rie re­pré­sente les aug­men­ta­tions et les di­mi­nu­tions des flux de tré­so­re­rie d’une en­tre­prise et donc la variation des équi­va­lents de tré­so­re­rie au fil du temps, ainsi que la cause de ces va­ria­tions.

Calcul des flux de tré­so­re­rie : option ou obli­ga­tion ?

L’éta­blis­se­ment d’un tel tableau de fi­nan­ce­ment n’est pas obli­ga­toire en France mais il re­pré­sente un outil efficace pour toute en­tre­prise. Le plan comptable général re­com­mande toutefois sa pu­bli­ca­tion. De plus, ce document pourrait devenir obli­ga­toire à l’avenir, en fonction des décisions adoptées par le comité pro­fes­sion­nel de doctrine comptable (CPDC).

A l’échelle in­ter­na­tio­nale, le tableau des flux de tré­so­re­rie fait partie des comptes annuels et est donc un document obli­ga­toire. Il rejoint donc la liste des documents obli­ga­toires, avec le bilan, le compte de résultat et l’état de l’évolution de la situation fi­nan­cière. La norme IAS 7 définit les règles de pré­sen­ta­tion d’un tel tableau de fi­nan­ce­ment.

Utilité d’un tableau de fi­nan­ce­ment

Ce tableau des flux de tré­so­re­rie est un très bon in­di­ca­teur pour les ac­tion­naires, di­ri­geants et autres pour analyser la gestion de l’en­tre­prise, sa liquidité ainsi que sa sol­va­bi­lité. Cette analyse porte aussi bien sur le passé et les causes d’une situation que sur des pré­vi­sions futures.

Il est aussi un ins­tru­ment de com­pa­rai­son utile entre en­tre­prises. Ce calcul est en effet essentiel pour le calcul de la juste valeur. Mais le calcul des flux réels, c’est-à-dire excluant les fluc­tua­tions fi­nan­cières, s’avère être un outil de gestion in­té­res­sant et sig­ni­fi­ca­tif.

Règles relatives à la pré­sen­ta­tion du tableau de fi­nan­ce­ment

La pré­sen­ta­tion du tableau de fi­nan­ce­ment se doit d’être struc­tu­rée, et ainsi de séparer les activités d’ex­ploi­ta­tion, de fi­nan­ce­ment et d’in­ves­tis­se­ment. Le calcul de ce premier type d’activité peut se faire par méthode directe (à partir des flux) ou indirecte (résultat ajusté avec les tran­sac­tions non mo­né­taires et flux d’in­ves­tis­se­ment et de fi­nan­ce­ment). Dans chacune de ces ca­té­go­ries, on évalue les en­cais­se­ments et les dé­cais­se­ments.

Au niveau in­ter­na­tio­nal, ce sont les normes d’in­for­ma­tion fi­nan­cières IFRS publiées par l’In­ter­na­tio­nal Ac­coun­ting Standards Board (IASB) qui sont en vigueur.

Structure de base du calcul des flux de tré­so­re­rie

Le calcul des flux de tré­so­re­rie montre comment les équi­va­lents de tré­so­re­rie ont évolué dans une période de fac­tu­ra­tion donnée avec les en­cais­se­ments et dé­cais­se­ments fi­nan­ciers constatés.

Le calcul est effectué ver­ti­ca­le­ment et comprend deux parties de calcul :

  • le calcul des origines
  • les va­ria­tions de tré­so­re­rie

Dans la première partie du calcul des flux de tré­so­re­rie, le calcul des origines permet de comparer la source et l’uti­li­sa­tion des res­sources d’un compte de résultat.  On retrouve ainsi les trois dif­fé­rentes ca­té­go­ries :

  • flux de tré­so­re­rie provenant des activités d’ex­ploi­ta­tion
  • flux de tré­so­re­rie provenant des activités d’in­ves­tis­se­ment
  • flux de tré­so­re­rie provenant des activités de fi­nan­ce­ment

Au sein de ce format d’activités en trois parties, les en­cais­se­ments et dé­cais­se­ments bruts sont énumérés. Parmi les revenus attendus, on ne calcule pas les dépenses com­pen­sées au même but d’uti­li­sa­tion. De cette manière les dépenses et entrées sont de la plus haute trans­pa­rence (dépenses : méthode indirecte). Une tré­so­re­rie positive ou négative ressort pour chaque domaine d’activité, ce qui indique soit un excédent de capital soit un déficit.

Tandis que les flux de tré­so­re­rie pour les activités d’in­ves­tis­se­ment et de fi­nan­ce­ment d’une en­tre­prise doivent être présentés selon la méthode dite directe, l’en­tre­prise peut choisir librement de présenter les flux de tré­so­re­rie provenant des activités d’ex­ploi­ta­tion di­rec­te­ment ou in­di­rec­te­ment. Les deux méthodes diffèrent prin­ci­pa­le­ment dans la façon dont l’excédent ou les pertes sont dé­ter­mi­nées.

  • Méthode directe : avec la méthode directe, les excédents et déficits sont calculés en prenant toutes les entrées d’argent en espèce (par exemple les ventes comp­ta­bi­li­sées, produits de par­ti­ci­pa­tion, cessions d’actifs, revenus sur intérêts, sub­ven­tions) ainsi que toutes les sorties d’argent ef­fec­tives en espèces (coûts de matériels, salaires et co­ti­sa­tions, charges d’intérêts, impôts) sé­pa­ré­ment. Le solde des entrées et sorties nous donne les flux de tré­so­re­rie).
  • Méthode indirecte : le point de départ de la méthode indirecte est le succès du bilan d’une en­tre­prise (aussi appelé revenu net ou perte nette après impôt). Ce calcul est corrigé avec toutes les entrées et sorties des activités d’ex­ploi­ta­tion. On y trouve les amor­tis­se­ments ou aug­men­ta­tions de pro­vi­sions ainsi que des im­pu­ta­tions.

Le solde des flux de tré­so­re­rie provenant des activités d’ex­ploi­ta­tion, d’in­ves­tis­se­ment et de fi­nan­ce­ment est la variation globale des équi­va­lents de tré­so­re­rie. Ce solde est calculé en deuxième partie du calcul des flux de tré­so­re­rie, avec les va­ria­tions de capitaux propres. Le résultat est la variation de tré­so­re­rie et équi­va­lents de tré­so­re­rie à la clôture de l’exercice comptable. Il est gé­né­ra­le­ment corrigé en fonction des va­ria­tions de taux de change, de con­so­li­da­tion et d’éva­lua­tion. 

Le tableau suivant nous montre la structure de base du calcul des flux de tré­so­re­rie. Les données tiennent compte du standard in­ter­na­tio­nal IAS7.

IAS 7 ne met pas ex­pli­ci­te­ment l’accent sur la per­ti­nence des chiffres com­pa­ra­tifs.  Voici une re­com­man­da­tion issue du chapitre « Uti­li­sa­tion des in­for­ma­tions des flux de tré­so­re­rie » (IAS 7.5) : « l’his­to­rique des in­for­ma­tions relatives aux flux de tré­so­re­rie est souvent utilisé comme in­di­ca­teur du montant, du moment et de la pro­ba­bi­lité d’évo­lu­tions de futurs flux de tré­so­re­rie ».

En somme, ces in­for­ma­tions per­met­tent de faire ressortir la capacité d’au­to­fi­nan­ce­ment d’une en­tre­prise (CAF) ou encore le besoin de li­qui­di­tés d’une en­tre­prise pour assurer la pérennité de son activité : on appelle cela le besoin en fonds de roulement (BFR). Découvrez en plus sur ces notions de base liées aux flux de tré­so­re­rie.

Veuillez prendre con­nais­sance des mentions légales en vigueur sur cet article.

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