Chaque appareil connecté à un réseau possède un numéro d'iden­ti­fi­ca­tion physique unique : l’adresse media access control, abrégée MAC. Cette burned-in address (BIA) est apposée sur le matériel par le fabricant. Les uti­li­sa­teurs n'ont aucun moyen de réécrire l'adresse MAC. Cependant, il est possible d'uti­li­ser un logiciel de masquage. Il s'agit dans ce cas de MAC spoofing.

  • Adresses MAC : Les adresses uniques ma­té­rielles iden­ti­fient les con­trô­leurs d'in­ter­face réseau (NIC) tels que les cartes LAN ou les adap­ta­teurs WLAN, ainsi que les pé­ri­phé­riques terminaux dans les réseaux locaux. Chaque adresse MAC comprend 48 bits, soit 6 octets, et est re­pré­sen­tée comme suit : 00:81:41: fe: ad: 7e. Les 24 premiers bits cor­res­pon­dent au code du fabricant assigné par l'Ins­ti­tute of Elec­tri­cal and Elec­tro­nics Engineers (IEEE), et les 24 bits suivants au numéro de dis­po­si­tif défini par le fabricant.
  • Spoofing : dans la ter­mi­no­lo­gie de réseau, le spoofing se réfère à diverses méthodes utilisées pour manipuler les systèmes d'adres­sage de base dans les réseaux in­for­ma­tiques. Les pirates in­for­ma­tiques utilisent ce schéma d'attaque pour dis­si­mu­ler leur propre identité ou en imiter une autre. Les cibles les plus po­pu­laires pour les attaques de spoofing sont le protocole Internet (IP), le Domain Name System (DNS) et l'adresse MAC de ré­so­lu­tion d'adresse via le protocole Address Re­so­lu­tion Protocol (ARP). Le spoofing, à l’origine, peut être utilisé comme une stratégie de ré­so­lu­tion en cas de problèmes et pour le dépannage. Toutefois, dans la pratique, cette technique est le plus souvent utilisée pour l'in­fil­tra­tion de systèmes étrangers dans le cadre d'ac­ti­vi­tés illégales.

Les bonnes raisons de masquer une adresse MAC

En théorie, chaque pé­ri­phé­rique réseau dans le monde peut être identifié par son adresse MAC. Mais tous les uti­li­sa­teurs ne veulent pas forcément bé­né­fi­cier de cette trans­pa­rence sur Internet. L'une des raisons pour les­quelles on peut masquer une adresse MAC est la pro­tec­tion de la vie privée, par exemple dans les réseaux wifi publics. Cette uti­li­sa­tion légitime du MAC spoofing connaît aussi un pendant plus sombre, dans lequel les uti­li­sa­teurs modifient des adresse MAC pour con­tour­ner les res­tric­tions d'accès et les mesures de sécurité, ou pour imiter l'iden­tité d'un autre pé­ri­phé­rique réseaux à des fins illégales.

L’ano­ny­mi­sa­tion

Certains in­ter­nautes préfèrent cacher l'iden­tité de leur appareil derrière une fausse adresse MAC pour protéger leur vie privée. L’une des raisons, c’est que les adresses MAC sont gé­né­ra­le­ment envoyées en clair dans les réseaux publics LAN ou WLAN. Chaque personne connectée sur le réseau peut ainsi tracer tous les appareils connectés, lire les adresses ma­té­rielles cor­res­pon­dantes, et les utiliser pour des activités illégales. Les pirates in­for­ma­tiques utilisent cette pos­si­bi­lité pour surfer ano­ny­me­ment. En général, on imite l'adresse MAC d'un autre pé­ri­phé­rique réseau afin de tirer parti de ses au­to­ri­sa­tions, et de trans­fé­rer la res­pon­sa­bi­lité des activités illégales à d'autres uti­li­sa­teurs.

Le vol d'iden­tité

Pour protéger les systèmes in­for­ma­tiques contre les menaces internes et externes, les ad­mi­nis­tra­teurs mettent parfois en œuvre des mé­ca­nismes de sécurité qui limitent l'accès au réseau local aux pé­ri­phé­riques autorisés. Au niveau du réseau, des éléments de couplage, par exemple com­mu­ta­teurs Ethernet via la sécurité des ports per­met­tent de filtrer le trafic réseau sur la couche OSI 2. Les grands réseaux sont divisés en segments plus petits par des com­mu­ta­teurs. Si une connexion est établie d'un segment à un autre, l'élément de couplage in­ter­mé­diaire vérifie l'adresse MAC du pé­ri­phé­rique émetteur, et la compare à une liste blanche créée par l'ad­mi­nis­tra­teur. Si l'adresse est inconnue, le com­mu­ta­teur ver­rouille le port en question, et empêche la tentative de com­mu­ni­ca­tion. Les réseaux WLAN peuvent également être limités aux pé­ri­phé­riques réseau connus par des filtres MAC. Le MAC spoofing, cependant, permet aux pirates in­for­ma­tiques de con­tour­ner les mesures de sécurité de ce type. En fait, les listes blanches MAC ne cons­ti­tuent qu’une faible pro­tec­tion. Pour masquer l'adresse ma­té­rielle de votre propre or­di­na­teur derrière celle d'un pé­ri­phé­rique réseau autorisé, il vous suffit de con­fi­gu­rer ma­nuel­le­ment les pa­ra­mètres réseau du système d'ex­ploi­ta­tion cor­res­pon­dant. Linux, Mac OS X et Microsoft Windows per­met­tent aux uti­li­sa­teurs d'établir des con­nexions LAN avec n'importe quelle adresse MAC. Les adresses ma­té­rielles des cartes WLAN, en revanche, ne peuvent pas être ma­ni­pu­lées fa­ci­le­ment sous Windows.

Con­di­tions de licence

Parfois, les ap­pli­ca­tions lo­gi­cielles sont limitées à un certain nombre d'ap­pa­reils. Ceux-ci ne peuvent être exécutés que sur des systèmes dont les adresses MAC sont spé­ci­fiées dans le contrat de licence. Si l'un de ces appareils doit être remplacé en raison d'erreurs ma­té­rielles, il n’est en général plus possible d’utiliser le logiciel avec le nouvel appareil. Certains uti­li­sa­teurs con­tour­nent cette res­tric­tion en réé­cri­vant la nouvelle adresse ma­té­rielle du côté logiciel, de sorte qu'elle cor­res­ponde à celle du contrat de licence. Toutefois, cette technique n'est pas re­com­man­dée.

Du point de vue du four­nis­seur, il est possible de con­si­dé­rer ce type de MAC spoofing comme une obtention frau­du­leuse d’une pres­ta­tion et d’intenter une action en justice. Il est re­com­mandé aux ti­tu­laires de licence de plutôt com­mu­ni­quer avec le four­nis­seur, et lui demander s'il est possible de remplacer le matériel. Si le MAC spoofing est utilisé pour accéder à des ap­pli­ca­tions lo­gi­cielles payantes ou à des services en ligne via l'imi­ta­tion d'un terminal autorisé, il s'agit dans tous les cas d'une violation de la loi.

Comment fonc­tionne le MAC spoofing sous Windows ?

Pour masquer une adresse MAC, il suffit de se rendre dans les pa­ra­mètres réseau via le panneau de con­fi­gu­ra­tion Windows, et de définir un nouveau numéro d'iden­ti­fi­ca­tion côté logiciel. Le système d'ex­ploi­ta­tion envoie ensuite des paquets de données au réseau local avec l'adresse MAC définie par l'uti­li­sa­teur. Les ins­truc­tions suivantes il­lustrent pas à pas comment procéder à un MAC spoofing sous Windows 7. La con­fi­gu­ra­tion sous d'autres versions de Windows suit le même schéma, mais peut différer sur certains détails.

Obtenir l'adresse MAC en cours de validité

Avant d'adapter l'adresse MAC de votre carte réseau côté logiciel, vous devez d’abord connaître l'adresse attribuée par le fabricant et la garder à portée de main. Pour ce faire, il faut procéder de la manière suivante :

Ouvrez le menu Windows en cliquant sur le bouton Démarrer et entrez les lettres cmd dans la barre de recherche Windows. Le système d'ex­ploi­ta­tion propose alors dans les résultats la console Windows cmd.exe.

Ouvrez le programme grâce à un double clic ou en cliquant sur Entrée. Ceci permet d’ouvrir une fenêtre à fond noir, la centrale de commandes Windows.

Les ins­truc­tions sont saisies dans la console Windows sous forme de commandes à partir du clavier. Pour obtenir l'adresse MAC de votre carte réseau depuis la console, tapez la commande getmac dans la ligne soulignée d’un trait clig­no­tant, puis confirmez avec la touche Entrée.

La ligne de ca­rac­tères qui s'affiche dans la fenêtre de la console sous l’adresse « physique » cor­res­pond à l'adresse MAC attribuée par le fabricant. Elle est né­ces­saire pour réi­ni­tia­li­ser la con­fi­gu­ra­tion des réglages par défaut.

Modifier une adresse MAC dans les pa­ra­mètres réseau

Sous Windows, le chan­ge­ment de l'adresse MAC se fait dans les pa­ra­mètres réseau. Pour y accéder, ouvrez le menu Windows en cliquant sur le bouton Démarrer. Dans la colonne de droite, vous trouverez le menu "Panneau de con­fi­gu­ra­tion".

Le Panneau de con­fi­gu­ra­tion Windows permet de régler tous les pa­ra­mètres de votre or­di­na­teur. Les pa­ra­mètres réseau du système se trouvent dans la catégorie "Réseau et Internet".

S’ouvre ensuite un sous-menu com­pre­nant trois options : cliquez sur Réseau et Centre de partage pour afficher des in­for­ma­tions de base sur votre réseau.

La fenêtre affiche ensuite une vue d'en­semble de toutes les con­nexions réseau aux­quelles votre or­di­na­teur est connecté. Cliquez sur "Modifier les pa­ra­mètres de l'adap­ta­teur" dans la barre latérale gauche pour effectuer les réglages sur la carte réseau.

Là, il s’agit d’abord de sé­lec­tion­ner la carte réseau à con­fi­gu­rer. Dans l'exemple du système ci-dessous, la connexion LAN "Connexion au réseau local 2" est établie grâce à la carte réseau Intel (R) PRO/1000 MT Desktop Adapter. Un double clic sur la connexion permet d’ouvrir une fenêtre contenant les in­for­ma­tions d'état.

Cliquez ensuite sur Pro­prié­tés. L'icône en forme de bouclier indique que vous ne pouvez con­fi­gu­rer les pa­ra­mètres de l'adap­ta­teur qu'avec les droits d'ad­mi­nis­tra­teur. Si vous tra­vail­lez depuis un autre compte uti­li­sa­teur, le système requiert un mot de passe ad­mi­nis­tra­teur.

S’il est né­ces­saire de disposer des droits d'accès, une autre fenêtre s'ouvre, dans laquelle sont ré­per­to­riés la carte réseau cor­res­pon­dante ainsi que les clients, pro­to­coles et pilotes de la connexion. Cliquez ensuite sur Con­fi­gu­rer pour ouvrir le menu des pa­ra­mètres de la carte réseau.

Ceci permet d’ouvrir une fenêtre munie de 5 onglets. Cliquez sur « Avancé » et choi­sis­sez dans les pro­prié­tés « Adresse ad­mi­nis­trée lo­ca­le­ment ».

L'adresse ad­mi­nis­trée lo­ca­le­ment (Locally Ad­mi­nis­te­red Address ou LAA) est une adresse MAC assignée par logiciel ; elle est reliée à une carte réseau, et remplace l'adresse assignée par le fabricant, également connue sous le nom d'Uni­ver­sally Ad­mi­nis­te­red Address ou UAA.

Pour définir une LAA, il suffit de sé­lec­tion­ner "Non dis­po­nible" par défaut et de taper une série de 12 chiffres dans le champ "Valeur".

Dès que vous confirmez vos pa­ra­mètres en cliquant sur OK, votre carte réseau dé­con­necte le LAN et en configure un nouveau à l'aide de la LAA per­son­na­li­sée.

Modifier une adresse MAC dans le registre

En plus du recours aux pa­ra­mètres réseau, les uti­li­sa­teurs Windows peuvent modifier l'adresse MAC dans le registre du côté logiciel. Cette procédure n'est toutefois con­seil­lée qu’aux uti­li­sa­teurs ex­pé­ri­men­tés.

Pour accéder au registre Windows, entrez la commande regedit dans la barre de recherche et lancez l'éditeur de registre. Naviguez ensuite vers l'entrée suivante :

HKEY_LOCAL_MACHINE\SYSTEM\Cur­rent­Con­trol­Set\Control\Class\{4D36E972-E325-11CE-BFC1-08002BE10318}

Vous trouverez ici des sous-dossiers numérotés (0000,0001,0002 etc.) ; il s’agit de trouver celui dont l'entrée Dri­ver­Desc contient le nom de votre carte réseau. Si une entrée Net­wor­kAd­dress est située dans ce dossier, faites un clic droit dessus et sé­lec­tion­nez "Modifier" dans le menu con­tex­tuel. Ensuite, entrez l'adresse MAC de votre choix.

S'il n’y a pas encore d'entrée cor­res­pon­dante, il faut la créer vous-même grâce à un clic droit, "Nouveau" puis "Chaîne".

Les logiciels de MAC spoofing

Au lieu de modifier ma­nuel­le­ment l'adresse MAC via les pa­ra­mètres réseau ou le registre Windows, les uti­li­sa­teurs peuvent utiliser des solutions lo­gi­cielles spé­ci­fiques et gratuites, telles que Tech­ni­tium MAC Address Changer, ou Windows 7 MAC Address Changer.

  • Tech­ni­tium MAC Address Changer permet aux uti­li­sa­teurs de gérer très fa­ci­le­ment les cartes réseau à travers une interface uti­li­sa­teur claire. Ce freeware, en plus d’offrir une vue d'en­semble de toutes les con­nexions et des adresses MAC actuelles du matériel utilisé, comporte une fonc­tion­na­lité per­met­tant de les modifier di­rec­te­ment. L'iden­ti­fi­ca­tion d'origine et l'adresse MAC modifiée sont sau­ve­gar­dées dans l'outil. Un gé­né­ra­teur intégré produit des pro­po­si­tions aléa­toires à la demande. Tech­ni­tium MAC Address Changer est dis­po­nible pour Windows 7, 8 et 10, et fonc­tionne sur les versions 32 bits et 64 bits. Dès que l'uti­li­sa­teur effectue des réglages dans l'in­ter­face, le programme entre les valeurs cor­res­pon­dantes dans le registre Windows. Il n’est plus né­ces­saire d’in­ter­ve­nir ma­nuel­le­ment, de sorte qu’il n’y a plus de risque de com­pro­mettre la stabilité du système par des entrées in­cor­rectes dans la base de données. L’ensemble des réglages peut être restauré à tout moment grâce au bouton " Restore Original".
  • Win7 MAC Address Changer fonc­tionne également sous Windows Vista et Windows 8. Ce logiciel gratuit offre une gamme de fonc­tion­na­li­tés si­mi­laires à celle du Tech­ni­tium MAC Address Changer. Le MAC spoofing se fait en quatre étapes : sélection de la carte réseau, choix du système d'ex­ploi­ta­tion, sélection de l'adresse MAC souhaitée, con­fir­ma­tion des pa­ra­mètres grâce au bouton « modifier ». Win7 MAC Address Changer facilite également la tâche des uti­li­sa­teurs grâce au bouton Randomize. Enfin, l’option "Réi­ni­tia­li­ser par défaut" permet de restaurer les pa­ra­mètres par défaut.

De même que pour le MAC spoofing manuel, l'adresse physique n'est pas modifiée lorsque l’on utilise les pro­grammes présentés. Le système d'ex­ploi­ta­tion fait sim­ple­ment croire que l'adresse définie par l'uti­li­sa­teur et ad­mi­nis­trée lo­ca­le­ment cor­res­pond à l'adresse uni­ver­sel­le­ment ad­mi­nis­trée.

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