Selon le Code du travail, tout salarié, quels que soient son type de contrat de travail (CDD, CDI, intérim) et son an­cien­neté, a droit à un congé de 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif chez le même employeur.

Que l’employé travaille à temps plein ou à temps partiel, le nombre de jours de congés payés auquel il a droit est identique. Il dispose de 2,5 jours ouvrables de congés payés par mois travaillé, soit 30 jours ouvrables par an (5 semaines).

Note

Le salarié a droit à des congés payés dès son entrée dans l’en­tre­prise.

En temps de crise, la question du congé imposé, en par­ti­cu­lier, soulève de nom­breuses questions : qu’est-ce qu’un congé payé imposé exac­te­ment ? Quand un congé payé imposé est-il autorisé par l’employeur et quelles sont les règles à respecter ? Voici tout ce qu’il faut savoir pour les employés et les em­ployeurs.

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Qu’est-ce qu’un congé payé imposé ?

La plus grande dif­fé­rence avec les vacances dites « normales », se trouve déjà dans le nom qui révèle une con­trainte : congé payé imposé. Ce terme implique que le congé est ordonné par l’employeur sans que l’employé n’ait à le demander ou à l’accepter.

Dé­fi­ni­tion : congé payé imposé

Le congé payé imposé est un congé ordonné par l’employeur, qui ne nécessite pas de demande de la part de l’employé.

Aussi sur­pre­nant que cela puisse paraître, la première obli­ga­tion que peut imposer l’employeur à son salarié est celle de prendre ef­fec­ti­ve­ment ses congés. Ainsi, même si le salarié se trouve à découvert et préfère renoncer à l’in­té­gra­lité de ses congés payés pour obtenir une indemnité équi­va­lente, cela n’est pas possible. Les congés payés sont prévus par la Loi afin de permettre à l’employé de se reposer, et l’employeur doit s’y plier, cela fait partie de son obli­ga­tion de santé et de sécurité. S’il ne respecte pas la Loi, il risque une amende.

En cas d’absence de longue durée en raison d’une maladie (pro­fes­sion­nelle ou non) ou d’un accident du travail qui a empêché le salarié de prendre ses congés, il peut les reporter après la date de reprise de son travail.

Quand un congé payé peut-il être imposé par l’employeur ?

Une certaine période de congés peut être fixée soit par accord d’en­tre­prise ou uni­la­té­ra­le­ment par l’employeur.

Cette période, sur la base de 4 semaines (le congé principal), est obli­ga­toi­re­ment comprise entre le 1er mai et le 31 octobre de chaque année. L’accord d’en­tre­prise peut prévoir une période plus longue, ou même s’étaler sur toute l’année.

Note

l’employeur est dans l’obli­ga­tion d’informer le salarié de la période de congés au moins 2 mois avant son ouverture.

Comment s’organise l’ordre de départ en congés ?

S’il y a plusieurs salariés dans un éta­blis­se­ment ou un service à vouloir partir au cours de la même période, ce qui arrive surtout en été et à Noël, l’ordre des départs sera déterminé en priorité par l’accord d’en­tre­prise ou les usages internes. S’il n’existe pas d’accord ou d’usage, c’est à l’employeur qu’il revient d’établir le planning de départ en vacances, après avis des délégués du personnel.

Gé­né­ra­le­ment, pour motiver son choix, l’employeur prend en compte la situation per­son­nelle et familiale des salariés, ainsi que son an­cien­neté dans l’en­tre­prise.

Tout employé ne res­pec­tant pas ce planning imposé et partant en vacances en congés sans au­to­ri­sa­tion est fautif et peut être sanc­tionné.

L’ordre des départs doit être com­mu­ni­qué un mois avant le début des congés, et affiché dans l’en­tre­prise. En règle générale, l’employeur ne peut pas modifier les dates de congés moins de 30 jours avant le départ en vacances du salarié, hors cir­cons­tances ex­cep­tion­nelles, par exemple l’arrivée d’une commande inat­ten­due pouvant sauver fi­nan­ciè­re­ment l’en­tre­prise si celle-ci est en grande dif­fi­culté.

La durée de congé est-elle définie ?

En principe, il n’est pas possible de poser ses 5 semaines de congés payés (ou plus) à la suite. Le Code du travail prévoit que la durée de congé pris en une seule fois ne peut excéder 24 jours ouvrables (soit 4 semaines de congés payés). Par con­sé­quent, la 5ème semaine et les autres jours doivent être posés à un autre moment, afin de ne pas perturber le fonc­tion­ne­ment de l’en­tre­prise.

Remarque

Si le salarié justifie de con­traintes géo­gra­phiques par­ti­cu­lières (famille à l’étranger, en outre-mer…etc.), il lui est possible de s’absenter pour une durée plus longue.

Qu’en est-il de la fermeture de l’en­tre­prise et des congés payés imposés ?

Certaines en­tre­prises ferment durant l’été. Dans ce cas de figure, l’employeur peut imposer au salarié de poser son congé principal durant cette période, en con­sul­tant au préalable les re­pré­sen­tants du personnel et après en avoir informé son employé suf­fi­sam­ment à l’avance.

La crise liée au co­ro­na­vi­rus est-elle un motif de congés payés imposés ?

Pour de nombreux em­ployeurs, la crise du co­ro­na­vi­rus et ses effets sont un motif ad­mis­sible de congés payés imposés : dans la res­tau­ra­tion et le commerce de détail, par exemple, de nom­breuses en­tre­prises ont dû fermer en raison d’un ordre officiel, c’est une raison opé­ra­tion­nelle urgente. Les res­tric­tions d’accès aux espaces de travail cons­ti­tuent également une raison, bien que la pos­si­bi­lité de mettre en place le té­lé­tra­vail devrait également être prise en con­si­dé­ra­tion par les en­tre­prises.

Toutefois, la baisse des commandes et des ventes ne suffit pas à envoyer les employés en congés payés imposés dans le cadre de la crise du co­ro­na­vi­rus. Si l’on craint qu’après la crise tous les employés prennent leurs congés en même temps, de sorte que l’en­tre­prise pourrait être en sous-effectif, ce serait à nouveau un motif de congé imposé. Dans de nombreux cas, cependant, d’autres moyens de réduire le temps de travail sont plus ap­pro­priés.

En principe, les « questions opé­ra­tion­nelles urgentes », comme la pro­tec­tion contre l’in­sol­va­bi­lité, sont donc des raisons pour qu’un congé payé soit imposé par l’employeur. Mais toutes les crises éco­no­miques n’en font pas partie, car les en­tre­pre­neurs doivent supporter un certain risque opé­ra­tion­nel. Si par exemple la situation des commandes fluctue, les machines tombent en panne et la pro­duc­tion s’effondre tem­po­rai­re­ment, ce n’est pas une raison pour imposer un congé. Dans ce cas, le congé payé imposé serait un dé­pla­ce­ment in­jus­ti­fié du risque opé­ra­tion­nel sur l’employé.

Congés payés imposés lors du con­fi­ne­ment

Depuis le 26 mars 2020, le gou­ver­ne­ment a publié une or­don­nance au­to­ri­sant l’employeur, sous certaines con­di­tions, à imposer à ses salariés de poser des congés payés pendant la période de con­fi­ne­ment et même après celle-ci. Ceci est valable aussi pour les RTT ou autres congés.

L’employeur peut imposer à ces employés de poser des congés payés pendant le con­fi­ne­ment. Cependant, l’or­don­nance du jeudi 26 mars 2020 prévoit cette pos­si­bi­lité jusqu’au 31 décembre 2020, notamment si l’intérêt de l’en­tre­prise le justifie en raison des dif­fi­cul­tés éco­no­miques liées au co­ro­na­vi­rus.

Remarque

Un employeur peut imposer ou modifier les dates de prise des congés payés, dans la limite de 6 jours ouvrables, soit 5 jours ouvrés, en dérogeant au délai de pré­ve­nance et aux modalités de prise de ces congés.

Ainsi, d’ici le 31 décembre 2020, l’employeur peut imposer au salarié de prendre 6 jours de congés payés. Il peut également modifier les dates de prise d’une partie des congés dans la limite de 6 jours, sans devoir respecter le délai de pré­ve­nance prévu.

Remarque

Important ! Sans accord d’en­tre­prise ou accord de branche, l’employeur ne sera pas autorisé à imposer ou modifier les dates de congés.

Selon l’accord, il faut notifier le délai qui sera accordé à l’employeur pour prévenir son salarié de la pose ou mo­di­fi­ca­tion de ses congés. Ce délai ne peut être inférieur à 1 jour franc (il s’agit du jour entier de 0h à 24h qui suit le jour où l’employeur a prévenu le salarié de sa décision).

Qu’en est-il des RTT et autres repos ?

L’employeur est également autorisé à imposer ou modifier les dates de certains congés et cela, de manière uni­la­té­rale et sans avoir à négocier d’accord collectif au préalable. Sont concernés :

  • Les RTT
  • Les jours de repos présents sur le compte épargne temps
  • Les jours de repos prévus par les con­ven­tions de forfait
Remarque

Ici encore, l’employeur est tout de même tenu de prévenir l’employé minimum 1 jour franc à l’avance.

Cette au­to­ri­sa­tion accordée à l’employeur ne concerne toutefois que 10 jours de repos au total et sur une période allant jusqu’au 31 décembre 2020. De plus, il est né­ces­saire que l’intérêt de l’en­tre­prise, en raison des dif­fi­cul­tés fi­nan­cières in­hé­rentes à la crise du co­ro­na­vi­rus, le justifie.

Sans accord, l’employeur peut-il imposer un congé payé ?

S’il n’existe pas d’accord collectif, l’employeur ne peut pas imposer au salarié de prendre des congés payés lors du con­fi­ne­ment.

Il peut uni­que­ment modifier les dates de départ en congés mais pour ceux qui sont déjà posés. Lorsqu’il n’existe pas d’accords d’en­tre­prise ou que ceux-ci n’indiquent pas le délai de pré­ve­nance, l’employeur dispose d’un mois minimum pour modifier les congés.

Ce délai peut être raccourci en cas de cir­cons­tances ex­cep­tion­nelles. La crise du co­ro­na­vi­rus pourrait être con­si­dé­rée comme une cir­cons­tance ex­cep­tion­nelle. Ainsi, l’employeur aurait la pos­si­bi­lité de modifier les dates de départ en congés sans devoir attendre que le délai d’un mois s’écoule.

Note

Il est plus in­té­res­sant pour le salarié de poser des congés payés plutôt que de se retrouver en chômage partiel car la ré­mu­né­ra­tion n’est que de 70% brute, alors qu’en congés payés, la ré­mu­né­ra­tion est de 100%.

Quelles sont les al­ter­na­tives au congé payé imposé ?

Il n’est pas toujours ad­mis­sible, et surtout pas toujours judicieux, qu’un congé payé soit imposé par l’employeur. Notamment si la période possible est limitée ou s’il n’est pas souhaité de toute façon d’arrêter tem­po­rai­re­ment toute l’activité. Les al­ter­na­tives suivantes existent alors :

  • En­re­gis­tre­ment du chômage partiel : dans ce cas, l’en­tre­prise réduit tout ou partie du temps de travail heb­do­ma­daire pendant un certain temps. Pendant cette période, l’employeur verse une indemnité au prorata des heures de travail réduites, qui peut être rem­bour­sée par l’agence pour l’emploi.
  • Réduction du temps de travail. Il s’adresse à des employés in­di­vi­duels ou à l’ensemble de l’en­tre­prise. Les salaires sont adaptés en con­sé­quence.
  • Réduction des heures sup­plé­men­taires
  • Réduction du nombre de tra­vail­leurs tem­po­raires et in­dé­pen­dants et re­dis­tri­bu­tion du travail 
  • Adap­ta­tion du travail d’équipe, par exemple passer du trois-huit au modèle deux-huit

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