Les chargeurs d’amorçage veillent à ce que toutes les données im­por­tantes du système d’ex­ploi­ta­tion soient chargées dans la mémoire vive dès le démarrage de l’appareil. Pendant le processus de démarrage, le firmware transmet les in­for­ma­tions né­ces­saires à cet effet.

Qu’est-ce que le boot­loa­der ?

Les données du système d’ex­ploi­ta­tion doivent être chargées di­rec­te­ment dans la mémoire vive lors du démarrage de l’appareil. Cela est possible grâce à ce que l’on appelle un chargeur d’amorçage ou boot­loa­der, qui fait office de programme de démarrage. Ainsi, le boot­loa­der se lance gé­né­ra­le­ment juste après le démarrage d’un appareil, quel que soit son support comme un disque dur, CD/DVD ou clé USB. Ce support va chercher dans le firmware de l’or­di­na­teur (par ex. le BIOS) les in­for­ma­tions qui con­cer­nent l’em­pla­ce­ment du chargeur d’amorçage. Ce processus est gé­né­ra­le­ment désigné sous le nom d’« amorçage ».

Note

Le terme anglais « boot­loa­der » est une abré­via­tion de l’ex­pres­sion « bootstrap loader » (« chargeur d’amorçage »). Le ges­tion­naire de démarrage est le composant décisif pour assurer le démarrage de l’or­di­na­teur et joue le rôle d’une « amorce » lors de la mise sous tension de l’appareil.

Comment un chargeur d’amorçage fonc­tionne-t-il ?

Lorsqu’on appuie sur le bouton de démarrage d’un or­di­na­teur, la première chose qui apparaît à l’écran est un court ensemble d’in­for­ma­tions sur le matériel intégré. Le logiciel res­pon­sable de ce message est le firmware de l’appareil, que nous avons mentionné ci-dessus. Il est gé­né­ra­le­ment installé par les fa­bri­cants dans une mémoire flash placée sur la carte mère de l’or­di­na­teur. La plupart des or­di­na­teurs de bureau et portables utilisent le BIOS (Basic Input/Output System). Les plus récents peuvent s’appuyer sur l‘UEFI (Unified Extensible Firmware Interface), plus moderne. Ces deux ap­pli­ca­tions col­lec­tent diverses données ma­té­rielles et proposent, entre autres, une liste complète de tous les lecteurs dis­po­nibles de l’appareil.

Une fois lancé, le firmware consulte les uns à la suite des autres les dif­fé­rents supports connectés pour y re­cher­cher un bootload, qui lui permet d’iden­ti­fier la signature dite d’amorçage (également appelée « boot record »). Par défaut, cette recherche s’effectue d’abord sur les supports amovibles connectés ou insérés (CD/DVD, clé USB, disques durs externes, etc.), puis sur les disques durs internes. Le chargeur d’amorçage, ou sa signature, se trouve gé­né­ra­le­ment dans le Master Boot Record (MBR), qui contient également les tables de partition du support concerné. Si un chargeur d’amorçage est trouvé, il est alors chargé et le démarrage du système est lancé. Si la recherche échoue, le firmware affiche un message d’erreur.

Conseil

Une fois que vous avez cor­rec­te­ment installé votre système d’ex­ploi­ta­tion, son démarrage s’effectue via un chargeur d’amorçage, gé­né­ra­le­ment situé sur la partition prin­ci­pale du disque dur. Cependant, si le système d’ex­ploi­ta­tion est endommagé et qu’il est né­ces­saire de le réins­tal­ler, vous devrez vous reporter sur un support de démarrage amovible (si aucun autre système d’ex­ploi­ta­tion n’est installé sur l’or­di­na­teur). Nous vous ex­pli­quons comment convertir une clé USB ordinaire en un support de démarrage en­tiè­re­ment fonc­tion­nel dans notre guide.

Où les chargeurs d’amorçage sont-ils stockés ?

Il existe deux variantes courantes pour l’em­pla­ce­ment des boot­loa­ders :

  1. Le premier bloc du support de démarrage ;
  2. Une partition spé­ci­fique du support de démarrage.

La première variante est étroi­te­ment associée à l’uti­li­sa­tion d’un master boot record, qui contient non seulement la référence au chargeur d’amorçage requis par le firmware, mais aussi le chargeur d’amorçage lui-même. Le premier bloc ou secteur de mémoire dis­po­nible du support est toujours réservé au MBR, qui est également appelé bloc de démarrage ou secteur de démarrage en référence à cette fonction pri­mor­diale.

Dans le second cas, le système d’ex­ploi­ta­tion utilise une partition sé­lec­tion­née comme em­pla­ce­ment de stockage pour le chargeur d’amorçage, dans la mesure où le système de fichiers sous-jacent et les tables de par­ti­tions utilisées peuvent se révéler très dif­fé­rents. Ici, le facteur décisif reste toujours le firmware, qui fournit toujours aussi un fichier au format spé­ci­fique au ges­tion­naire de démarrage. Par exemple, pour les appareils dotés d’un UEFI, le format est PE/COFF (Portable Executable / Common Object File Format).

Note

Un boot­loa­der peut également être réparti sur plusieurs niveaux empilés les uns sur les autres. Ces chargeurs d’amorçage à plusieurs niveaux peuvent com­prendre jusqu’à trois niveaux dif­fé­rents, exécutés en séquence. Ils sont gé­né­ra­le­ment utilisés lorsque le programme de démarrage est trop grand pour le secteur d’amorçage.

Résumé des tâches du boot­loa­der

Le boot­loa­der sert d’in­ter­mé­diaire entre le matériel et le système d’ex­ploi­ta­tion. Une fois ini­tia­lisé par le firmware, il est chargé par le système de lancer le processus de démarrage. La première étape consiste à charger la mémoire prin­ci­pale, in­dis­pen­sable au fonc­tion­ne­ment du pro­ces­seur.

Dans la deuxième étape, le boot­loa­der charge le noyau du système d’ex­ploi­ta­tion : il s’agit du composant élé­men­taire du système, qui contrôle tous les accès à la mémoire et au pro­ces­seur et contient tous les pilotes les plus im­por­tants. De plus, le chargeur d’amorçage exécute diverses autres tâches et commandes de routine, comme l’in­té­gra­tion des supports de stockage d’in­for­ma­tion. Certains boot­loa­ders exécutent également des tâches qui vont au-delà du démarrage. Il peut s’agir par exemple des fonctions suivantes :

  • Détection et démarrage d’autres chargeurs d’amorçage dis­po­nibles ;
  • Exécution de pro­grammes (courant dans les années 1980, pour exécuter des jeux vidéo di­rec­te­ment à partir d’une disquette) ;
  • Cor­rec­tion de fonctions et d’entrées in­cor­rectes ou man­quantes dans le firmware ;
  • Char­ge­ment d’un autre firmware.

Une fois toutes les tâches ac­com­plies avec succès, le chargeur d’amorçage transfère la res­pon­sa­bi­lité du système au noyau.

Quels sont les boot­loa­ders connus ?

Nous avons passé en revue l’essentiel des faits les plus im­por­tants con­cer­nant les chargeurs d’amorçage. Le tableau suivant ré­per­to­rie les boot­loa­ders les plus connus et les plus utilisés :

Nom du chargeur d’amorçage Des­crip­tion
Bootmgr Programme de démarrage des systèmes d’ex­ploi­ta­tion de Microsoft depuis Windows Vista ou Windows Server 2008
NT-Loader (NTLDR) Programme de démarrage des systèmes d’ex­ploi­ta­tion de Microsoft jusqu’à Windows XP ou Windows Server 2003
Barebox Boot­loa­der pour systèmes embarqués dans les im­pri­mantes, appareils photo, voitures, avions, etc.
boot.efi Boot­loa­der EFI utilisé sur les pé­ri­phé­riques Mac depuis 2006
BootX Ancien chargeur d’amorçage des systèmes d’ex­ploi­ta­tion Mac
Grand Unified Boot­loa­der (GRUB) Programme de démarrage gratuit pour les systèmes d’ex­ploi­ta­tion de type Unix, comme Linux
ARM Core Boot­loa­der Chargeur d’amorçage pour mi­cro­con­trô­leurs (utilisé par exemple dans les iPhones)
OpenBIOS Ges­tion­naire de démarrage gratuit et portable sous licence GNU-GPL
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