Le CCPA est un ensemble de lois promulgué par l’État de Ca­li­for­nie en juin 2018 et ap­pli­cable à partir du 1er janvier 2020. Il s’inscrit dans un contexte où plusieurs scandales d’ampleur mondiale liés au vol de données ont éclaté, en par­ti­cu­lier celui lié à la revente de données bancaires par des salariés d’Amazon. Le CCPA est une première aux États-Unis et il n’est pas anodin qu’il concerne la Ca­li­for­nie, qui abrite dans la Silicon Valley les sièges de nom­breuses en­tre­prises puis­santes.

Ca­li­for­nia Consumer Privacy Act : dé­fi­ni­tion

Le Ca­li­for­nia Consumer Privacy Act s’adresse aux con­som­ma­teurs ca­li­for­niens et concerne l’ex­ploi­ta­tion de leurs données par les en­tre­prises qui les utilisent à leurs propres fins. Cette loi a pour objectif d’assurer plus de trans­pa­rence et de garantir plus de droits aux con­som­ma­teurs, qui de­vien­nent pro­prié­taires de leurs données.

Le CCPA permet aux con­som­ma­teurs résidant en Ca­li­for­nie de disposer des droits suivants :

  • Être informés des in­for­ma­tions per­son­nelles col­lec­tées à leur sujet.
  • Pouvoir y accéder et exiger qu’elles soient sup­pri­mées.
  • Être informés du partage de ces in­for­ma­tions et de l’identité des personnes ou en­tre­prises à qui elles sont com­mu­ni­quées.
  • S’opposer à la vente ou la trans­mis­sion de leurs in­for­ma­tions per­son­nelles : dans ce cas, chacun dispose d’un droit d’op­po­si­tion appelé « opt-out », et qui prend la forme d’une mention spé­ci­fique ac­ces­sible sur la page d’accueil du site Internet de l’en­tre­prise en question.

La portée du Ca­li­for­nia Consumer Privacy Act est toutefois réduite puisque ses dis­po­si­tions ne s’adressent qu’aux en­tre­prises qui rem­plis­sent au moins une des con­di­tions suivantes :

  • Générer un chiffre d’affaire annuel supérieur ou égal à 25 millions de dollars généré sur le ter­ri­toire ca­li­for­nien.
  • Acheter, vendre ou partager à des fins com­mer­ciales les données d’au moins 50 000 con­som­ma­teurs.
  • Qu’au moins la moitié des revenus de l’en­tre­prises provienne de la vente de données per­son­nelles de con­som­ma­teurs.

Par ailleurs, le CCPA interdit aux en­tre­prises de vendre les données per­son­nelles des con­som­ma­teurs âgés de 13 à 16 ans sans leur con­sen­te­ment. Le partage des données de mineurs de moins de 13 ans nécessite l’accord des parents ou d’un tuteur légal.

Ca­li­for­nia Consumer Privacy Act versus RGPD

Si le CCPA s’inscrit dans la lignée du RGPD, il en constitue une version re­la­ti­ve­ment allégée et beaucoup plus libérale, d’abord parce qu’il s’adresse uni­que­ment aux con­som­ma­teurs et aux en­tre­prises, alors que le RGPD prévoit une pro­tec­tion des uti­li­sa­teurs quel que soit le contexte dans lequel leurs données sont utilisées.

L’autre dif­fé­rence majeure concerne l’argent. D’une part, les sanctions prévues par le CCPA sont bien plus faibles que celles décrites par le RGPD (jusqu’à 7500 $ contre 20 millions d’euros). D’autre part, le texte prévoit de rémunérer les con­som­ma­teurs en échange de leurs données per­son­nelles. Ceci n’est pas prévu par le RGPD car les données ne sont pas con­si­dé­rées comme une propriété. Cette mo­né­ti­sa­tion des données per­son­nelles pose un problème éthique en ce qui concerne la clas­si­fi­ca­tion des con­som­ma­teurs et les services dont ils bé­né­fi­cient en fonction de leurs décisions relatives au trai­te­ment de leurs données. En effet, même si le Ca­li­for­nia Consumer Privacy Act précise que les con­som­ma­teurs exerçant leur droit de retrait ne devraient pas être dis­cri­mi­nés, ce principe présente d’im­por­tantes limites en raison même des mesures in­ci­ta­trices, fi­nan­cières mais aussi en termes de services, que les en­tre­prises ont le droit de mettre en place pour con­vaincre les con­som­ma­teurs d’utiliser leurs données.

Veuillez prendre con­nais­sance des mentions légales en vigueur sur cet article.

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