À partir du 28 juin 2025, la loi sur l’ac­ces­si­bi­lité numérique entre plei­ne­ment en vigueur pour de nombreux produits et services nu­mé­riques en France. La nouvelle lé­gis­la­tion impose des normes strictes à tous les sites Web, produits et services nu­mé­riques, avec un objectif clair : rendre le numérique plus inclusif pour les personnes en situation de handicap. Comment s’y conformer ? Quels outils utiliser ? Et quels risques en cas de man­que­ment ? Voici tout ce qu’il faut savoir pour anticiper se­rei­ne­ment cette échéance.

Contexte légal de l’ac­ces­si­bi­lité numérique en France

La base de cette obli­ga­tion est la directive (UE) 2019/882, connue sous le nom d’European Ac­ces­si­bi­lity Act (EAA). Cette directive eu­ro­péenne vise à supprimer les barrières nu­mé­riques pour les personnes han­di­ca­pées.

En France, elle s’ajoute à des obli­ga­tions déjà exis­tantes :

  • Loi de 2005 sur l’égalité des droits : elle impose l’ac­ces­si­bi­lité numérique pour les services publics.
  • Décret du 14 mai 2009 : il introduit le Ré­fé­ren­tiel Général d’Amé­lio­ra­tion de l’Ac­ces­si­bi­lité (RGAA), aujourd’hui en version 4.1.
  • Or­don­nance n°2023-859 (6 septembre 2023) et décret n°2023-931 (9 octobre 2023) : ils trans­po­sent la directive EAA dans le droit français.

Les exigences tech­niques à respecter sont définies par la norme eu­ro­péenne EN 301 549, qui s’appuie sur les WCAG (Web Content Ac­ces­si­bi­lity Gui­de­lines) 2.2, ainsi que sur le RGAA. Ces deux ré­fé­ren­tiels cons­ti­tuent le socle ré­gle­men­taire de l’ac­ces­si­bi­lité numérique en France.

Note

Comment tout cela s’articule ?

  • La directive EAA impose un cadre européen.
  • La trans­po­si­tion en droit français est assurée par or­don­nance et décret.
  • La norme EN 301 549 con­cré­tise tech­ni­que­ment les exigences sur la base des WCAG et du RGAA.

Qui est concerné par la loi sur l’ac­ces­si­bi­lité numérique 2025 ?

Cette lé­gis­la­tion s’applique à un large éventail de produits et services nu­mé­riques, tels que :

  • Les sites de commerce et de ré­ser­va­tion en ligne
  • Les services bancaires et ap­pli­ca­tions nu­mé­riques
  • Les bornes in­te­rac­tives (dis­tri­bu­teurs au­to­ma­tiques, etc.)
  • Les appareils comme les smart­phones, liseuses, routeurs
  • Les logiciels avec interface uti­li­sa­teur

Les en­tre­prises con­cer­nées sont celles comptant plus de 10 salariés ou générant plus de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires. Les mi­croen­tre­prises peuvent bé­né­fi­cier de dé­ro­ga­tions sous con­di­tions, à condition de démontrer que les exigences re­pré­sen­te­raient une charge dis­pro­por­tion­née. Une do­cu­men­ta­tion jus­ti­fi­ca­tive est pour cela né­ces­saire.

Conseil

Même si votre site Web ne fait pas partie de ceux visés par une obli­ga­tion légale stricte, adopter une démarche inclusive reste un véritable atout reste un atout. L’ac­ces­si­bi­lité du Web améliore l’ex­pé­rience uti­li­sa­teur, le SEO et l’in­clu­si­vité : autant d’avantages pour toutes les en­tre­prises !

Ce que la loi sur l’ac­ces­si­bi­lité numérique prévoit

À compter du 28 juin 2025, les en­tre­prises con­cer­nées devront :

  • Se conformer au niveau AA des WCAG 2.2
  • Respecter les 106 critères du RGAA
  • Publier une dé­cla­ra­tion d’ac­ces­si­bi­lité pour chaque site concerné
  • Garantir l’ac­ces­si­bi­lité des nouveaux contenus dès leur mise en ligne
  • Appliquer les règles aux sites existants comme aux nouveaux
  • Intégrer l’ac­ces­si­bi­lité dès la con­cep­tion pour éviter des cor­rec­tions coûteuses

Quels types de handicap faut-il prendre en compte ?

Pour une ac­ces­si­bi­lité complète, il convient de penser à dif­fé­rents profils d’uti­li­sa­teurs :

  • Handicaps visuels : cécité, mal­voyance, dal­to­nisme
  • Handicaps auditifs : surdité, ma­len­ten­dance
  • Handicaps moteurs : dif­fi­cul­tés d’usage de la souris ou du clavier
  • Handicaps cognitifs : dyslexie, TDAH, troubles de l’attention
  • Handicaps tem­po­raires : blessure, fatigue, en­vi­ron­ne­ment dé­fa­vo­rable

Comment vérifier la con­for­mité de votre site ?

  1. Réaliser un audit : sé­lec­tion­nez un échan­til­lon re­pré­sen­ta­tif de pages et évaluez leur con­for­mité aux 106 critères du RGAA.
  2. Utiliser des outils d’éva­lua­tion : comme Ligh­thouse, axe DevTools, WAVE ou PAC 3 pour détecter les erreurs tech­niques et d’ac­ces­si­bi­lité.
  3. Corriger les non-con­for­mi­tés : à intégrer dès la création du site, puis à chaque mise à jour technique ou édi­to­riale.
  4. Mettre à jour la dé­cla­ra­tion d’ac­ces­si­bi­lité : en y intégrant les chan­ge­ments apportés et les résultats des vé­ri­fi­ca­tions.
  5. Effectuer des audits réguliers : idéa­le­ment tous les 6 à 12 mois, ou après toute mo­di­fi­ca­tion im­por­tante du site.
Conseil

Associez tests au­to­ma­ti­sés et tests uti­li­sa­teurs réels : cela permet de détecter les obstacles in­vi­sibles aux outils, comme les messages d’erreur peu clairs ou une na­vi­ga­tion in­co­hé­rente.

Outils et plugins utiles

Les outils suivants peuvent vous aider à vérifier et à améliorer l’ac­ces­si­bi­lité de vos contenus :

Outil Fonction Type
Google Ligh­thouse Audit au­to­ma­tisé dans Chrome DevTools Open source
Deque axe Extension pour dé­ve­lop­peurs avec détection des erreurs Gratuit
PAC 3 Vé­ri­fi­ca­tion de l’ac­ces­si­bi­lité des fichiers PDF Gratuit
Eye-Able Widget de per­son­na­li­sa­tion d’interface pour les uti­li­sa­teurs Sur licence
Si­teim­prove/Monsido Suivi global de sites, incluant SEO et ac­ces­si­bi­lité Sur abon­ne­ment

Main­te­nance et mise à jour de l’ac­ces­si­bi­lité

L’ac­ces­si­bi­lité numérique ne s’arrête pas à une mise en con­for­mité initiale : c’est un processus d’amé­lio­ra­tion continue. Chaque mise à jour technique, refonte ou ajout de contenu peut in­tro­duire de nouveaux obstacles.

Quand refaire un contrôle d’ac­ces­si­bi­lité ?

Il est re­com­mandé de réévaluer l’ac­ces­si­bi­lité au moins tous les 6 à 12 mois, mais aussi à chaque mo­di­fi­ca­tion sig­ni­fi­ca­tive de votre site. Voici quelques si­tua­tions types qui né­ces­si­tent une vé­ri­fi­ca­tion ap­pro­fon­die :

Même les contenus existants doivent être revus ré­gu­liè­re­ment pour s’assurer qu’ils restent conformes aux normes actuelles.

Bonnes pratiques pour une mise à jour continue

Pour garantir la con­for­mité à long terme, les en­tre­prises doivent faire de l’ac­ces­si­bi­lité une partie in­té­grante de leurs processus de main­te­nance. Un plan structuré permet de vérifier ré­gu­liè­re­ment les chan­ge­ments tech­niques et édi­to­riaux et d’iden­ti­fier les obstacles à un stade précoce. Voici quelques bonnes pratiques à intégrer dans votre or­ga­ni­sa­tion :

  • Mettre en place un plan de main­te­nance intégrant l’ac­ces­si­bi­lité dans les processus internes
  • Former les équipes tech­niques et édi­to­riales aux règles du RGAA et aux bonnes pratiques WCAG
  • Re­cueil­lir les retours uti­li­sa­teurs, notamment ceux des personnes en situation de handicap
  • Ac­tua­li­ser la dé­cla­ra­tion d’ac­ces­si­bi­lité en cas de chan­ge­ment de structure ou de contenu
Note

La dé­cla­ra­tion d’ac­ces­si­bi­lité est un document obli­ga­toire à publier. Elle doit men­tion­ner :

  • Le niveau de con­for­mité atteint (A, AA ou AAA)
  • Les contenus non ac­ces­sibles et pourquoi
  • Les al­ter­na­tives proposées
  • Un contact pour signaler un problème
  • La procédure de contrôle en place

Sanctions et bénéfices : pourquoi prendre l’ac­ces­si­bi­lité au sérieux ?

Quels sont les risques en cas de non-con­for­mité ?

Les risques encourus à partir de juin 2025 :

  • Amendes : jusqu’à 50 000 €, voire 100 000 € en cas de man­que­ment grave
  • Pour­suites ju­di­ciaires
  • Perte de fi­nan­ce­ments publics
  • Dé­gra­da­tion de l’image de marque
  • Impact négatif sur le SEO

Quels bénéfices concrets pour votre site Web ?

Adopter l’ac­ces­si­bi­lité numérique, ce n’est pas seulement se conformer à la loi : c’est aussi anticiper les obli­ga­tions pour éviter des pénalités coûteuses et investir dans une stratégie durable qui renforce notamment la vi­si­bi­lité, la per­for­mance et l’image de votre site.

  • Ex­pé­rience uti­li­sa­teur améliorée pour tous les profils, y compris les personnes en situation de handicap.
  • Na­vi­ga­tion sim­pli­fiée et intuitive, ce qui réduit le stress des uti­li­sa­teurs et augmente leur sa­tis­fac­tion globale.
  • Op­ti­mi­sa­tion du ré­fé­ren­ce­ment naturel : les sites ac­ces­sibles disposent d’une structure claire, mieux comprise et mieux indexée par les moteurs de recherche.
  • Aug­men­ta­tion du temps passé sur le site, grâce à des contenus plus lisibles et des in­ter­faces co­hé­rentes.
  • Meilleure per­for­mance Web : l’ac­ces­si­bi­lité favorise des pratiques d’éco-con­cep­tion, avec des pages plus légères, plus rapides et plus com­pa­tibles.
  • Va­lo­ri­sa­tion de la res­pon­sa­bi­lité sociale de l’en­tre­prise : un en­ga­ge­ment en faveur de l’inclusion renforce la per­cep­tion éthique et res­pon­sable de la marque.
  • Avantage con­cur­ren­tiel renforcé : en s’engageant pour l’ac­ces­si­bi­lité, une en­tre­prise attire des clients sensibles aux valeurs so­cié­tales et améliore son image de marque.

En intégrant des pratiques d’ac­ces­si­bi­lité, vous rendez votre site plus per­for­mant, plus visible et plus inclusif. L’ac­ces­si­bi­lité numérique est un levier stra­té­gique durable pour répondre aux exigences légales, tout en ren­for­çant l’en­ga­ge­ment des uti­li­sa­teurs et la ré­pu­ta­tion de votre en­tre­prise.

Checklist : comment rendre un site Web ac­ces­sible ?

Les WCAG reposent sur quatre grands principes fon­da­men­taux : un contenu ac­ces­sible doit être per­cep­tible, uti­li­sable, com­pré­hen­sible et robuste. Ces concepts peuvent sembler abstraits, mais ils se tra­dui­sent con­crè­te­ment par des critères tech­niques et édi­to­riaux que chaque site Web peut mettre en œuvre. Le tableau ci-dessous présente ces exigences de manière sim­pli­fiée, en les re­grou­pant selon ces grandes ca­té­go­ries, pour mieux com­prendre ce qu’implique l’ac­ces­si­bi­lité numérique au quotidien :

Catégorie Exigences
Per­cep­tible Textes al­ter­na­tifs pour les images, sous-titres pour les vidéos, con­trastes de couleurs suf­fi­sants
Uti­li­sable Na­vi­ga­tion en­tiè­re­ment possible au clavier, absence de contenu clig­no­tant, contrôle de la durée d’affichage des contenus tem­po­ri­sés
Com­pré­hen­sible Structure claire, langage simple, textes d’aide dans les for­mu­laires
Robuste Code HTML sé­man­tique, prise en charge des lecteurs d’écran, com­pa­ti­bi­lité avec les tech­no­lo­gies d’as­sis­tance
En résumé

La loi sur l’ac­ces­si­bi­lité numérique 2025 est plus que de la simple bu­reau­cra­tie : c’est un appel à plus d’inclusion dans l’espace numérique, ainsi qu’une op­por­tu­nité pour les en­tre­prises d’augmenter leur portée, d’atteindre de nouveaux groupes cibles et de rester com­pé­ti­tives à long terme. Alors, agissez dès main­te­nant : formez vos équipes, évaluez vos sites, éta­blis­sez un plan de mise en con­for­mité !

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